O.N.I.

O.N.I. Objet narcissique identifie

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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

 

 L'écriture m'est souffle et vie depuis que je suis en âge de tenir une plume...

 

 Je suis issue d'un chaos. Je l'ai dépassé un jour, pour aller du côté de la vie et de ses lumières.  Pour les enfants de survivants, qu'ils soient nés avant le drame qui lamina leur famille, et qui dans mon cas fut la déportation de mes parents, ou après, se pose le problème de la transmission de ce qu'ils n'ont pas toujours reçu ... Certains enfants de déportés ont été confrontés à un père ou à une mère incapables de mettre en mots cet indicible espace que fut la Shoah. Ce fut mon cas. Comment, alors, transmettre une mémoire par procuration, une souffrance si intime qu'elle en est presque intraduisible ? Comment s'en libérer ensuite, pour avancer et construire,  non pas dans l'oubli de la Mémoire mais dans l'amour de la Vie?

  

 Mes trois premiers romans sont tous porteurs de ce que j'appelle une écriture "matricielle", encore fortement imprégnés de cette souffrance transgénérationnelle, de cet obscur sentiment d'une ombre permanente derrière mon épaule. Avec la parution du troisième livre, la boucle était bouclée. J'ai accompli mon chemin vers les miens.

  

Une grande partie de mon existence a été consacrée presque exclusivement à la Mémoire. Sans la négliger pour autant, mais en prenant le parti d'exister en tant qu'individu, pas seulement en tant "qu'enfant de...", je peux désormais lâcher ma plume, écrire pour le bonheur du partage, de la  libération d'un imaginaire longtemps contenu, la résonance des mots. Je viens d'achever une nouvelle aventure, littéraire et jubilatoire, miroir de mon imaginaire fécond: l'écriture d'un roman qui se situe en grande partie à Pondichéry, en Inde du Sud. Ce manuscrit, en attente d'éditeur devrait peut-être, si les Dieux du panthéon hindou me sont bienveillants, se transformer en film. Le défi est lancé, puisque je viens d'en faire une adaptation sous forme de scénario.

 

 D'autres personnages viennent habiter mon univers, impatients d'être mis en lumière, de venir à votre rencontre.

 

Je sais maintenant que l'écriture m'est force et architecture, qu'elle me tient debout et que nous ne nous quitterons plus.

 

 

Sylviane Sarah Oling           LYON    


Lundi 26 septembre 2005
HONGROISE
Le temps des déracinés
mardi 8 avril 2003
par  Sarah Oling
New-York, de nos jours. Une journée de la vie d’un homme hanté par des esprits, des fulgurances. Appelé au chevet d’une vieille Hongroise mutique qu’il croit reconnaître, Gamliel se souvient.
Juif hongrois émigré aux Etats-Unis, écrivain "fantôme", nègre lumineux, amoureux fou des mots - et des femmes -, Gamliel est un personnage désenchanté arrivé au crépuscule de sa vie, sans avoir fait souche. En 1956, il perd la trace d’Ilonka, celle qui est devenue sa seconde mère, à qui il doit d’avoir survécu à ces temps de sombre mémoire.
Derrière le visage ravagé de la mourante, Gamliel part en roue libre à la recherche de ses années englouties... Au cours de ce huis clos temporel, tout se rejoue. L’enfance hongroise, infiniment douce et belle. Une mère ciselant de jolies histoires, un père brave et noble. Puis le temps des fascistes, qui n’aimaient pas les jolies histoires racontées par les mamans juives. Ses parents devenus cendre et poussière, Gamliel fut confié à Ilonka, la chrétienne, chanteuse de cabaret et marchande de plaisir, qui le protégea, jusqu’à leur séparation en Autriche, en 1956.
Depuis, Gamliel a mené une vie d’errant magnifique et lucide, définitivement lucide. Il a prêté sa plume et son talent à des écrivains ratés, qui le payèrent, cher, et devinrent célèbres à sa place. Ses seuls amis sont depuis toujours en partance, comme lui... Il y a Bolek, survivant d’un ghetto, Diego, héros de la guerre d’Espagne, Gad, agent secret travaillant pour le Mossad, et Iasha, rescapé des purges staliniennes. Ensemble, ils refont le monde, à la façon de tous les déracinés, érigeant des remparts de souvenirs pour tenter d’étayer leurs vies en miettes.
Ainsi se déroule la vie de Gamliel le désenchanté. Semant les mots comme des bouteilles à la mer (à la mère ?), cherchant à travers les femmes aimées et aussitôt envolées à retrouver l’Ilonka de son enfance hongroise, jusqu’à son dernier souffle.
Gamliel porte en lui toute la nostalgie, la lucidité et la désespérance des héros des précédents romans d’Elie Wiesel. Le temps des déracinés prend fin alors que l’aube fait son apparition sur New York. "Dehors, le septième jour de la Création pointa, glorieux dans sa lumière de cuivre, prêt à engloutir la terre entière avec ses pauvres histoires d’amour et de remords".
 

Elie Wiesel, Le temps des déracinés, Seuil, 2003, 297 pages, 20 €
 

Lundi 26 septembre 2005

COMME UN PERE


"C’est quoi un père ? Est-ce que ça s’aime ?" L’essentiel de ce récit se joue au cours d’un huis clos de cinq jours, entre un père nommé "l’Autre" et une fille en devenir d’aimer...

 Auteur - Laurence Tardieu

 Editeur - Arléa  

"Les mots ont raconté une histoire"... Une autre histoire que celle du temps d’avant, d’avant la mort de la mère de Louise. Temps arrêté, figé sur cette crispation... Comment se défaire d’une histoire qui a habillé toute une vie ? Depuis qu’elle est en âge de parler, Louise raconte encore et toujours ce père mythique, mort avant d’avoir trop vécu, magnifié, transcendé par son récit. Et puis, patatras ! un souffle violent balaye les jolis mots de Louise. Elle aurait pourtant tant voulu qu’il reste sage, dans son rôle de mort, ce père-là...

Ecrit à la première personne, parfois léger et anecdotique, ce premier roman se veut le récit de la vie d’une jeune femme, Louise. Sa mère, les vacances à Deauville, les confidences échangées avec l’amie, Ana... Louise qui se rêvait compositeur et qui s’acharne à être sculpteur...

Mais qui est vraiment Louise ? Dans quel chaudron familial a-t-elle mijoté, ou peut-être même bouillonné ? Quelle vision du père, cet absent si prégnant tout au long de la construction intérieure de Louise, sa mère lui a-t-elle distillée ? Comment se défaire d’un magnifique fantôme et vivre sa "vraie vie" ?

Alors, lorsque vient le temps de l’Autre, enfin, l’écriture de Laurence Tardieu se fait violente, oppressante. Louise se trouve confrontée à ses pires cauchemars. Ce père, cent fois inventé, mille fois renié, resurgit du passé et s’installe chez elle, inquiétant, malhabile, vieux de vingt ans d’enfermement derrière des barreaux. Tout doit alors se dire dans ces instants uniques d’une présence encore désincarnée. Cet homme n’a laissé aucune trace dans la vie de la jeune femme. Enfin, c’est ce qu’elle aimerait qu’il entende. La lente réappropriation de l’idée d’un possible amour filial entre ces deux êtres habite tout l’espace de ce huis clos de cinq jours, dans l’appartement de Louise.

Le thème est universel. Laurence Tardieu lui donne un souffle autre, dérangeant parfois, jusqu’au malaise, jusqu’à la nausée, pourtant ce n’est qu’un roman, pas notre histoire...

Sarah Oling . critique faite pour « A voir Alire.com »

 

 

Jeudi 7 juillet 2005

Théolinda Gersao est un des plus grands écrivain portugais.
Voir ici l'article que j'ai réalisé  sur l'un de ses derniers roman :
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