O.N.I.

O.N.I. Objet narcissique identifie

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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

 

 L'écriture m'est souffle et vie depuis que je suis en âge de tenir une plume...

 

 Je suis issue d'un chaos. Je l'ai dépassé un jour, pour aller du côté de la vie et de ses lumières.  Pour les enfants de survivants, qu'ils soient nés avant le drame qui lamina leur famille, et qui dans mon cas fut la déportation de mes parents, ou après, se pose le problème de la transmission de ce qu'ils n'ont pas toujours reçu ... Certains enfants de déportés ont été confrontés à un père ou à une mère incapables de mettre en mots cet indicible espace que fut la Shoah. Ce fut mon cas. Comment, alors, transmettre une mémoire par procuration, une souffrance si intime qu'elle en est presque intraduisible ? Comment s'en libérer ensuite, pour avancer et construire,  non pas dans l'oubli de la Mémoire mais dans l'amour de la Vie?

  

 Mes trois premiers romans sont tous porteurs de ce que j'appelle une écriture "matricielle", encore fortement imprégnés de cette souffrance transgénérationnelle, de cet obscur sentiment d'une ombre permanente derrière mon épaule. Avec la parution du troisième livre, la boucle était bouclée. J'ai accompli mon chemin vers les miens.

  

Une grande partie de mon existence a été consacrée presque exclusivement à la Mémoire. Sans la négliger pour autant, mais en prenant le parti d'exister en tant qu'individu, pas seulement en tant "qu'enfant de...", je peux désormais lâcher ma plume, écrire pour le bonheur du partage, de la  libération d'un imaginaire longtemps contenu, la résonance des mots. Je viens d'achever une nouvelle aventure, littéraire et jubilatoire, miroir de mon imaginaire fécond: l'écriture d'un roman qui se situe en grande partie à Pondichéry, en Inde du Sud. Ce manuscrit, en attente d'éditeur devrait peut-être, si les Dieux du panthéon hindou me sont bienveillants, se transformer en film. Le défi est lancé, puisque je viens d'en faire une adaptation sous forme de scénario.

 

 D'autres personnages viennent habiter mon univers, impatients d'être mis en lumière, de venir à votre rencontre.

 

Je sais maintenant que l'écriture m'est force et architecture, qu'elle me tient debout et que nous ne nous quitterons plus.

 

 

Sylviane Sarah Oling           LYON    


Lundi 13 février 2006
J’ENTENDS LA LUMIERE…
 
 
J’entends la Lumière…

Oui ! J’entends la Lumière

Vous disait-elle, fragile, peut-être,

Mais elle avait traversé tant d’orages

Avant de venir jusqu’à Vous

Qui l’attendiez sereinement

 

Où étiez-Vous ? Tandis qu’elle gravissait

Une à une les marches escarpées

Qui la menaient au pays de Canaan…

Où Vous cachiez-vous

Lorsqu’elle frappa à la porte du temple

De Salomon le Juste,

Qui lui murmura le chemin

Jusqu’à Vous ?

 
 Elle n’était encore qu’une enfant...

Mais sur son passage le lait et le miel

Lui parvenaient en offrandes anonymes

Tandis que ses pas sur le sable rouge

Traçaient la voie
 
 Alors, lorsqu’elle vous dit
« J’entends la Lumière »

Baissez les yeux !

 

Lundi 11 juillet 2005
COMPRENDRE 

                           

 Marcher dans la moiteur étouffante                                                      

 D’une après-midi d’été                                                                          

 Marcher jusqu’à se perdre

 Avec l’insolence de l’innocence

 Et des yeux ivres d’espoir

 Marcher jusqu’à l’oubli

 Puis s’arrêter, et Comprendre…

 Pénétrer dans le sanctuaire

 Du temps qui glisse, et s’en étonne

 S’imprégner d’un rêve ignoré de tous

 Ouvrir des yeux emplis de respect

 Et de doute

 Marcher, jusqu’à s’oublier

 Et Comprendre…

 S’élever de toute son âme

 Au plus près de la lumière

 Qui nous cherche et nous interroge

 Caresser la courbe retrouvée

 D’une muraille, qui nous chuchote

 « Ouvre-toi, et accepte »

 Se retourner vers Vous

 Tendre nos mains jusqu’au vertige

 Et Comprendre…

 

  Monastère de la Tourette été 1995 


Lundi 11 juillet 2005

  RUE DES ROSIERS

 Quand perdrai-je le goût

Du dégoût de tout

 Ce qui n’est pas toi ?

 Quand cesserai-je de te chercher

 Dans les recoins les plus fous

 De ma mémoire qui bute et s’évade

 Pour ne plus te murmurer ?

 Quand la lumière aura-t-elle perdu

 Son voile cendré ?

 Cristal incertain

 Douleur maîtrisée du temps

 Qui m’enchaîne

 A ces bribes de Toi…

 Plus d’abri derrière le miroir, qui se brise

 De ne savoir encore te refléter

 Plus d’étoiles, en berne,

 Pour unir nos mains

 Qui se sont égarées ailleurs.

 Pourquoi m’as-tu abandonnée

 Un matin sans gloire, brume de silence

 Recouvrant tes yeux assassins ?

 Pourquoi ne t’es-tu pas retourné

 Pour me poignarder ?

 

 Shalom ! Me jeta le vieux rabbin

 En me croisant sans s’arrêter..

 Shalom ? Tu rêves peut-être de moi…

 Mais tu as perdu ton aura

 Et la rue des Rosiers

 Se referme sur nos souvenirs.

  Paris 2000

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