O.N.I.

O.N.I. Objet narcissique identifie

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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

 

 L'écriture m'est souffle et vie depuis que je suis en âge de tenir une plume...

 

 Je suis issue d'un chaos. Je l'ai dépassé un jour, pour aller du côté de la vie et de ses lumières.  Pour les enfants de survivants, qu'ils soient nés avant le drame qui lamina leur famille, et qui dans mon cas fut la déportation de mes parents, ou après, se pose le problème de la transmission de ce qu'ils n'ont pas toujours reçu ... Certains enfants de déportés ont été confrontés à un père ou à une mère incapables de mettre en mots cet indicible espace que fut la Shoah. Ce fut mon cas. Comment, alors, transmettre une mémoire par procuration, une souffrance si intime qu'elle en est presque intraduisible ? Comment s'en libérer ensuite, pour avancer et construire,  non pas dans l'oubli de la Mémoire mais dans l'amour de la Vie?

  

 Mes trois premiers romans sont tous porteurs de ce que j'appelle une écriture "matricielle", encore fortement imprégnés de cette souffrance transgénérationnelle, de cet obscur sentiment d'une ombre permanente derrière mon épaule. Avec la parution du troisième livre, la boucle était bouclée. J'ai accompli mon chemin vers les miens.

  

Une grande partie de mon existence a été consacrée presque exclusivement à la Mémoire. Sans la négliger pour autant, mais en prenant le parti d'exister en tant qu'individu, pas seulement en tant "qu'enfant de...", je peux désormais lâcher ma plume, écrire pour le bonheur du partage, de la  libération d'un imaginaire longtemps contenu, la résonance des mots. Je viens d'achever une nouvelle aventure, littéraire et jubilatoire, miroir de mon imaginaire fécond: l'écriture d'un roman qui se situe en grande partie à Pondichéry, en Inde du Sud. Ce manuscrit, en attente d'éditeur devrait peut-être, si les Dieux du panthéon hindou me sont bienveillants, se transformer en film. Le défi est lancé, puisque je viens d'en faire une adaptation sous forme de scénario.

 

 D'autres personnages viennent habiter mon univers, impatients d'être mis en lumière, de venir à votre rencontre.

 

Je sais maintenant que l'écriture m'est force et architecture, qu'elle me tient debout et que nous ne nous quitterons plus.

 

 

Sylviane Sarah Oling           LYON    


Samedi 22 décembre 2007

 

Je sais, bien sûr, que l'acte d'écrire et celui d'être reconnu dans son écriture ne sont pas du même domaine. Parfois, souvent, je doute de ma légitimité à me nommer écrivain. Vaste question, être écrivain est-ce être publié ou est-ce l'impossibilité de se concevoir sans écrire ?
 
Et voilà qu'aujourd'hui, un journaliste, universitaire, Docteur ès lettres, écrivain lui-même, publie une critique dans un journal régional, sur mon dernier roman publié. Comment traduire, avec les mots que je possède, l'émotion que j'ai ressentie à la lecture de cette critique ? Ce que je peux en dire pour l'instant, c'est que cela me donne des forces nouvelles pour, non pas continuer à écrire, je n'ai jamais cessé, mais me sentir légitimée dans ma quête incessante d'un éditeur qui me ferait confiance, au-delà de la région Rhône-Alpes
.
Voici donc la critique de Michel Loude, parue ce matin.
 
"Coup de cœur :
Je n'irai plus à Cracovie murmurer ton nom  undefined
 
Il m'arrive peu de relire un livre même si ce dernier a été passionnément apprécié. Celui de Sarah oling fait exception. Cet écrit, déroutant, dérangeant, est de ceux qui font affleurer les larmes, il contient des lignes de feu qui, tel un arc électrique, impressionne les yeux à jamais. C'est aussi le récit poignant, sous forme, en partie, d'une longue lettre (qui fait aussi office de journal intime) « lettre à l'absent », écrit par une femme d'une quarantaine d'années, qui se retourne vers son enfance, son adolescence et jeunesse ravagées par les tempêtes de la vie, et qu'elle tente d'exorciser par l'analyse puissante qu'est écriture. Une enfance donc malmenée, balafrée, une petite fille mal-aimée, victime de la mauvaise santé mentale des êtres proches, marqués eux-mêmes par la violence meurtrière, ce vent de folie collective qui a soufflé sur les protagonistes de ce drame et sur l'humanité tout entière au cours de la Grande première moitié du XXe siècle. 

Une confession en quelque sorte qui fascine au sens fort du terme, dont les prétextes de souffrance sont intenses et nous touchent au plus profond de notre être de lecteurs. Élise, violée au cœur de l'innocence enfantine par l'adulte (son grand-père), souillée à jamais au sein même de sa famille, fuyant le dégoût dans une ville lointaine ( Lyon ), où commence une vie de bohème qui cascade de dégringolade en dégringolade, où tous les excès sont au rendez-vous du possible : expérience frelatée de l'amour, du triolisme, qui s'entrecoupe avec la joie de l'amitié vraie et sincère, mais complètement hors du temps, dans une utopie romantique et naïve très soixante-huitarde qui rappelle de loin le film libéré « Les valseuses », célèbre en son temps pour ses audaces érotiques et sa désinvolture civique.
 
Descente plus mortifère jusqu'aux frontières de la mort : la drogue dure, dont Élise est sauvée de justesse par la présence "d'anges salvateurs", des diamants dans ce monde en pleine décomposition... Une maternité inachevée, l'errance dans les rues, la solitude absolue... Puis vint le temps de la rédemption, une remontée vers la lumière que parachève l'emploi multiple, dans le discours, de l'image obsessionnelle du feu, de l'étincelle, espoir régénérateur s'il en est. Un voyage, retour aux sources pour cette jeune femme juive et polonaise, à Cracovie, clora le voyage initiatique et fermera la boucle douloureuse ouverte par sa famille au début du siècle. Fermée sera la plaie saignante entrevue dès le début de l'ouvrage...
La trame analytique est patente, et si elle nous transporte tant, c'est grâce à la parfaite maîtrise technique romanesque que développe l'auteur chevronné qu'est Sarah oling ; une lecture limpide de son texte, sa rapidité, sa sobriété dans l'analyse complexe des sentiments force l'admiration. De plus, la création poétique est au détour de chaque ligne : une prose poétique digne de celle de Ponge, Valéry, ou de Prévert. Du reste, les petits paragraphes ne forment-ils pas des strophes émouvantes ? L'onirisme, lui aussi, s'invite au festin littéraire de l'auteur : des visions surréalistes couronnent l'ouvrage dans le cimetière de Cracovie ou une mise en scène fantastique et hallucinatoire nous plonge dans les affres du surnaturel, où le visible et l'invisible s'affronte en des scènes de dédoublement magique : la féerie de la douleur, de la ressouvenance, une rapidité très cinématographique.
Il s'écrit dans nos régions des romans puissants, qui séduisent l'âme. Des jours entiers après avoir fini la lecture du livre de Sarah oling, un sentiment de tristesse m'a poursuivi de son parfum indélébile.


Michel Loude."

Mardi 17 janvier 2006

LIVRE PORTRAIT D'AUTEUR

Sarah Oling: "Une boucle mémorielle et passer à autre chose..."

Avec ce roman, j'ai achevé une boucle mémorielle de trois ouvrages et je peux passer à autre chose... confie Sylviane Sarah Oling. Née à Oullins en 1951, cette fille de déporté a vécu la tragédie de la Shoah de façon transgénérationnelle. Elle vient de signer "Je n'irai plus à Cracovie murmurer ton nom" et met la dernière main au suivant: "Le sceau de Ganesh"

Soixante membres de sa famille sonr morts dans les camps d'extermination d'Auschwitz Birkenau, Belzeck, le père de l'auteur fut un survivant. La transmission de cette épreuve terrible n'a pas eu lieu et Sylviane Sarah Oling en a souffert. " C'est pourquoi j'ai eu besoin de ce travail sur la transmission et la spiritualité: Néanmoins, ce n'est pas parce que nous sommes victimes, enfants de victimes... que nous devons traïner ce statut toute notre vie..."

Depuis janvier 2004, Sylviane Sarah Oling intervient dans les collèges et les lycées pour transmettre non seulement son témoignage, mais aussi des valeurs de tolérance et d'humanité. Journaliste, autrefois pour divers médias, dont Tribune Juive, elle fut rédactrice en chef d'un magazine francophone en Israël, membre de la Fédération Francophone des Ecrivains Israéliens : " En 1999 et 2000, dit-elle, je fus chargée de mission pour le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon. Je recherchais, à ce titre, dans toute la France, les survivants déportés et résistants et leurs enfants, afin de recueillir leurs témoignages". Ces témoignages, filmés, sont visibles au CHRD.

Sur son site Internet, l'écrivain journaliste diffuse un billet d'humeur à l'intention de Lech Walesa, l'ancien dirigeant polonais et écrit par mail à l'Ambassadeur de Pologne: "Il y a quelques jours, j'ai vu sur Canal + Lech Walesa répondre à une interview d'un journaliste, qui lui demandait ce qu'il pensait de la disparition des juifs de Pologne (d'où est originaire une partie de la famille de S Oling), raconte-elle. Calmement, avec ce qui semblait une réelle conviction, il a parlé de la grande perte culturelle et humaine que constituait l'"absence" des juifs dans son pays, les invitant implicitement à revenir s'installer en Pologne. En 2000, je suis allée en Pologne... J'y ai vu un pays où la présence juive n'en était plus que fantômatique. J'y ai rencontré nombre de Polonais encore empêtrés dans leurs contradiction et dans un opaque sentiment de mauvaise conscience collective"

Sylviane Sarah Oling habite Villeurbanne, et c'est là que le roman trouve son origine, à la suite de l'explosion au gaz du 5 avril 2001, rue Jubin. L'événement, qui fit deux morts et quatorze blessés agit comme un électrochoc sur l'auteur, comme en attestent ces quelques lignes issues du prologue: " Des gens dans ma rue sont en train de perdre la vie. Des gens qui, quelques minutes plus tôt avaient des rêves, des projets à bâtir. Alors, courir, en cet instant, devient une évidence. Plus tard, bien plus tard, reviendront en cascade les images. Reviendra également la peur lancinantede voir s'échapper l'existence de cette jeune femme à qui je tiens la main... Nous luttons à armes inégales, la mort et moi, nous nous battons pour récupérer ce souffle ténu" 

Passer à autre chose, c'est bien ce que vit en ce moment cette femme courageuse qui s'est battu longtemps pour dompter en elle un héritage mémoriel qui a bien failli l'empêcher de vivre... Avec son nouvel ouvrage "Le Sceau de Ganesh" qui devrait être édité en ce début d'année, l'auteur qui a déjà transformé le texte en scénario, devrait voir son livre porté à l'écran. Tout s'accélère et l'auteur ne cache pas sa jubilation. Ce roman d'aventure déroule l'histoire d'une malédiction qui débute par la naissance d'un bébé dont la mère meurt en couches... Férue de culture indienne, Sylviane Sarah Oling a hérité de sa mère son goût pour la philosophie bouddhiste. Encore une histoire qui traverse les générations... dont nous reparlerons sans doute dans ces colonnes..

Eric Séveyrat    article paru dans "Le Tout Lyon Judiciaire" du 6 janvier 2006


Samedi 31 décembre 2005

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