Partager l'article ! MATHIAS M'ATTEND...: Mathias m'attend. Comme en d'autres temps Shani, Lala , Yanosh, Marthe ou Etty. Il m'attend. Pas en 1915, dans l'ashra ...
Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que
journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un
rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble
devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Mars 2012
Mathias m'attend. Comme en d'autres temps Shani, Lala , Yanosh, Marthe ou Etty. Il m'attend. Pas en 1915, dans l'ashram de Sri
Aurobindo, à Pondichéry l'ignorée. Pas en 1937 au Philarmonich de Berlin, devant un parterre de "dignitaires SS". Ni devant le tombeau de Merlin le désenchanté, juste avant la mort de
Maya et Petit Jim .
Ici et maintenant, Mathias , avec une tranquille impatience , comme tous mes personnages avant lui, attend que je lui donne son envol. Une ombre, un chant, quelqu'un de l'autre côté de ma terrasse qui joue du saxo, des rires énervés d'enfants qui s'ennuyent un peu dans le parc où d'autres personnages prirent racine, tout me ramène à cette évidence, Mathias m'attend.
Il se sait déjà présence et conscience, il Est déjà et me provoque de cette évidence... Pourquoi l'avoir créé, lui avoir donné chair de mots, habillé d'un destin encore en l'instant inachevé, puis suspendre sa destinée à mes doutes, à cette permanence de l'absolue nécessité de l'urgence, pour accepter en dernier recours, comme toujours, que l'acte d'écrire, de créer des Mathias impatients de prendre vie, m'est vitale.
Alors, puisque Mathias m'attend....
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