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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 08:40
- Communauté : PanoramArt
4240434693_8e4916e84f.jpgIl était "celui qui savait", celui qui vient de partir. Il avait fait le long voyage. De la Pologne jusqu'à Paris en son jeune âge. Il n'avait rien voulu garder de cette histoire-là. Ce n'était pas un porteur de mémoire. pas au sens conventionnel du terme. Ni un transmetteur. Mais c'était un personnage de roman.
 
Ferrailleur à 14 ans, non par choix évidemment, devenu capitaine d'industrie, en un raccourci singulier. Avec une lucidité joyeuse sur la place qu'il occupait parmi les notables de sa ville. Jamais dans la nostalgie. Avec un rire qui m'éclabousse encore de lumière.
 
C'est vers lui, qui ne parlait pas, ou si peu, de ceux que l'on nomme "des taiseux", que j'étais cependant venue chercher les pièces d'un puzzle familial éparpillé. Lui encore, qui m'avait confié les photos de cette tante Hanna tenant dans ses doigts avec grâce un fume cigare, image peu conventionnelle dans la Pologne des années 1930. Lui, qui m'avait raconté Esther, sa soeur, dans sa lumineuse adolescence, puis dans sa jeunesse arrêtée en pleine ascension par l'emprise de leur père. Que saurai-je sans lui de ce monde englouti?
Du dernier de mes mohicans , mon oncle Nathan, je vais désormais, je le sais, retenir la magnifique leçon de vie. Et poursuivre la mienne, à vivre pleinement. Il avait fait barrage aux fantômes du passé. Son rire sera ma mémoire et mon guide.
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