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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Octobre 2011
Nous venons tous d'une fratrie, patrie, originelle, quelle qu'en soit la force, l'histoire familiale, qui la replace dans un
destin universel ou non. Cette terre d'enfance, honnie ou adorée, nous porte vers des terres d'élection, des passions, des désirs. Elle nous fait aimer infiniment des êtres, parce qu'ils
éveillent en nous quelque chose de mystérieux, d'inexplicable et de non réducteur par des mots .
Vous fûtes de ceux-là, Monsieur. Je ne puis oublier ces heures au Lucernaire , dans cette toute petite salle, où je "communiais" avec d'autres passagers embarqués dans cette noble aventure que vous nous donniez à vivre. Votre silhouette, quelque chose en vous traçait déjà les premiers temps de votre appel vers un autre voyage à accomplir, seul, sans notre souffle suspendu à la puissance du votre, dans l'acte de "faire du théâtre" qui vous guidait.
J'attendais ce début septembre avec une heureuse impatience, ces quelques jours à Paris, chez l'amie qui avait permis la première rencontre, persuadée de vous retrouver , sur scène, à votre place, celle que vous revendiquiez. Ce rendez-vous est définitivement empêché. Vous nous avez faussé compagnie... Et vous me manquez déjà. Votre façon de servir le théâtre, votre grâce, vos convictions, je le sais, laisseront trace, mais il est des artistes dont l'absence est inconcevable, simplement inconcevable.
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