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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Mars 2012


Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 07:08
- Communauté : PanoramArt
 Il était  une fois,  en Inde, pays novateur par nécessité,  un homme, Muhammad Yunus,   économiste et entrepreneur bangladais,  décidé à faire le pari insensé de prêter de l'argent à ceux qui étaient écartés du système bancaire, parce que déclarés de facto insolvables, les pauvres.5426187612_7f541ffe66.jpg
 Ces pauvres  étaient une multitude, laissés sur le bord de la route du grand bond économique en gestation  de leur pays.  C'est au cours d'une  séance de travaux pratiques d'un cours d'investissement que l'économiste propose à ses étudiants d'interroger les fabricants de tabourets en bambou des plus proches villages. Les 42 femmes artisanes recensées alors ont besoin de 27 dollars au total pour développer leur activité. Or toutes les banques refusent de financer ce trop faible montant à des clients a priori insolvables.  Yunus en ce temps là, celui des débuts de sa réflexion,  eu honte de cette situation et prêta la somme sur ses propres deniers. L'intention  était non seulement généreuse mais stratège,  en permettant à ces artisanes  d'acheter d'avance le bambou, sans subir les variations importantes de prix, elles  réussissent  même à créer des emplois et à rembourser intégralement Yunus.           
           
L'idée noble et humaniste était en marche.  C'est ainsi que Muhammad Yunus, avec un courage certain,  fonda la première institution de micro-crédit, la Grameen Bank, ce qui lui valut le Prix Nobel de la Paix  en 2006.   Naissance  de la légende du "banquier des pauvres".  Las! Les belles histoires finissent mal, en général...
Depuis quelques années, l'image de l'économiste généreux, prêtant quelques dollars à des femmes  sans solvabilité avérée  s'est sérieusement ternie. 
Frappés de plein fouet par la crise économique mondiale, des micro entrepreneurs incapables de rembourser leur prêt, si modeste soit-il, se sont  suicidés, notamment en Inde. Des événements tragiques largement médiatisés. Car si de nombreuses agences de prêt arguent de leur vocation d'aide et se disent solidaires,  cette vision angélique ne tient pas longtemps. Les agents de recouvrement sont accusés d'avoir harcelé les emprunteurs. Dans le seul Etat de l'Andrah Pradesh, au Sud de l'Inde les taux d'intérêts atteignent parfois les 36%. En quelques mois, en 2010, dernier recensement connu, une cinquantaine de paysans, incapables de rembourser leurs dettes se sont suicidés dans  cet Etat. 
Interviewé par le magazine La Croix en 2010, Muhammad Yunus met en cause une "dérive" du microcrédit :"le microcrédit ne doit pas être présenté comme une opportunité pour gagner de l’argent" Dit-il, puis il rajoute "Certaines personnes ont pris une mauvaise direction et ont franchi la ligne jaune, en prêtant n’importe comment, avec souvent des objectifs assez éloignés de leur mission. Dans certains cas, le microcrédit est devenu une sorte de crédit à la consommation servant à financer les achats courants des ménages".
 Oui.. Une idée noble et humaniste...Ou sont-elles désormais, ces femmes indiennes qui étaient capables de produire des tabourets avec un prêt de 27 dollars?
           
S. Oling
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