Partager l'article ! Aung San Suu Kyi.... Lettre ouverte à une Résistante: Vous dire, avec infiniment de respect, que vous êtes pour moi l'incarnation de la no ...

Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Octobre 2011
Vous dire, avec infiniment de respect, que vous êtes pour moi l'incarnation
de la noblesse. Dans un monde où il est si aisé de se croire en résistance parce que, bien à l'abri derrière un clavier d'ordinateur, nous nous octroyons un dérisoire pouvoir, vous poursuivez,
depuis plus de vingt ans, votre combat contre la junte birmane en le payant au prix fort. Comme le Mahatma Gandhi, comme Martin Luther King, vos frères en humanité, vous incarnez les valeurs de
la "ahimsa", cette non violence, au nom de laquelle vous luttez à mains nues. Le combat est inégal, d'un côté un pouvoir militaire qui vous contraint depuis plus de vingt ans à résidence mais pas
au silence, de l'autre, Vous, Madame, qui avez mis votre vie même au service du peuple Birman, comme votre père avant vous. Et pourtant, malgré le baillon de violence qui vous est imposé,
l'impossiblité que vous avez à vous exprimer en public, votre voix nous parvient, belle et ferme. Constante et juste. Si juste que vos partisans de la Ligue Nationale pour la Démocratie ont
préféré renoncer à se présenter aux élections cet automne, plutôt que de vous exclure de leurs instances dirigeantes. Le risque est grand de voir votre parti privé d'existence légale et
dissous. Se soumettre ou se démettre... La soumission vous est étrangère et vous êtes hautement contagieuse!
Alors, lorsque parfois je me révolte , lorsque "mon" monde semble ne pas tourner harmonieusement, mes pensées vont vers Vous et je retrouve le courage et l'humilité. Je voulais juste aujourd'hui vous dire "merci". Et espérer, en ce lundi de Pâques, un miracle, pour vous, pour le peuple Birman, pour tous ceux qui étouffent sous des bâillons d'oppression. Faire silence et Vous rejoindre par la pensée.
Que j'aime tes messages d'espoirs, Sarah...
Je me perds toujours dans tes mots, qui m'arrachent, si ce n'est une larme, au moins un sourire. Cette femme qui est l'objet de ton écrit, est véritablement admirable...
Je profite de ce petit message pour te présenter mes excuses de mon si rapide passage hier... J'aurais aimé te parler un peu plus, et notamment de cet article - tu me connais, radicalement dépendant de ton site ! -, j'espère que nous en aurons l'occasion bientôt.
Tu m'as dit, il y a quelques jours que tu n'étais le maître de personne... Je crois que c'est bien l'un des rares points où je me permets de te contredire.
A bientôt, Sarah.