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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Octobre 2011
Faire silence parfois. Accepter de ne plus être "dans le bruit et la fureur" du monde, pour acueillir nos pensées traversières.
Se réveiller un dimanche d'été, ou un matin d'hiver, peu importe , en se re-sentant pleinement unis avec soi-même. Quelques instants volés aux doutes, aux incessantes phrases assassines. Faire silence pour entendre, authentiquement entendre, la parole d'un Autre, présent ou "empêché de physique présence".
Se donner le droit à des fulgurances de bonheur, là, dans ces moments d'union, précisément, en en sachant la fragile beauté. Etre des chevaliers de l'espérance. Tant de douleurs nous font vaciller de nos dérisoires piédestals. Tant d'êtres aimés se dérobent à nos étreintes, étant devenus des poussières d'étoile si brusquement que nos vies liées à la leur nous rendent longtemps funambules...Se donner le droit de poursuivre la route, parce que c'est dans le courage et l'honneur que l'on peut accepter son humaine imperfection. Nos absents, par nous pacifiés, nous accompagnent alors, étant conscience et présence, si on sait percevoir les "plumes d'ange" qu'ils sèment autour de nous.
Faire silence pour que d'autres mots franchissent le pont-levis de notre coeur.
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