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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Octobre 2011
Auschwitz. J'ai traversé le désert. De baraques en baraques. Cherchant celle où mon père avait perdu jusqu'au souvenir de la douceur et de l'amour.
Il pleuvait ce jour-là, c'est fou comme la pluie était puissante, insolente. Elle ne coulait pas sur mes joues pourtant. Je le jure!
Désert. J'étais dans le désert. Des steppes glacées de Sibérie aux marécages de Haute Silésie, ils furent des millions à fouler de leurs pieds épuisés cette terre qui les recrachait, faute de les absorber.
J'ai crû les avoir laissés sur l'autre rive. J'ai osé imaginer que j'avais accompli "mon devoir" envers eux, en les nommant, encore et toujours. Je les ai racontés par éllipses littéraires, j'ai rencontré les "survivants", leurs enfants, les descendants de leurs bourreaux. J'ai entendu ceux qui me répétaient jusqu'à la nausée qu'il fallait maintenant ouvrir l'espace à une autre histoire, que celle-là était devenue puissamment dérangeante. Que j'étais en train de la desservir, à force de la convoquer encore et toujours.
Oui! Entre " Mémoire et Oubli, j'ai fait le choix de la vie". Mais une part de ce qui me constitue demeure l'enfant de ce désert, en fratrie avec tous ceux qui partagent la même indicible expérience.
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