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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Octobre 2011
Quel est cet Autre qui, conscience et présence, donne sens à la quête éperdue d'un Soi acceptable?
Qui ou quoi fait voler les fragiles barricades érigées entre un monde considéré comme étrange, à défaut d'étranger, et sa propre vision de l'univers?
Comment avancer encore et toujours, alors qu'une à une se rejoignent les myriades d'étincelles de nos illusions envolées? Comment ont pu survivre dans un désert d'humanité mon père et ses millions de camarades de désespérance?
Après le questionnement, que naît-il de ces réponses attendues et qui jamais n'apaisent le flot des questions qui suivront, inéluctablement?
Faire silence, un instant. Juste s'offrir la magique et éphémère certitude d'une passerelle nous reliant à ce qui fut, est, et sera, sans chercher à tout analyser, disséquer, conceptualiser.
Accepter de ne pas comprendre. Parce que si nous savions ce qu'il y a "derrière le miroir", aurions-nous toujours le désir fou du cherchant?
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