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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Mercredi 3 août 2005 3 03 /08 /Août /2005 00:00

Comment des foetus et des bébés de quelques jours ont pu être "oubliés", pour certains depuis plus de 20 ans, au fond de caissons en plastique? A cette question, je ne tenterai même pas d'apporter une réponse. Ce qui me fait violence, c'est d'avoir entendu ce matin qu'une longue enquête allait débuter pour déterminer ceux de ces non-nés qui pouvaient  légitimement bénéficier d'un enregistrement à l'état-civil et d'une sépulture. Pour les autres, un autre néant leur était réservé: l'incinération.

Au delà de la loi et de la morale, ce sont  mon coeur et mon âme qui hurlent. Cette question éthique -quand commence la vie? - ne peut, à mon sens, être résolue dans la passion. Pour une femme qui a conçu un enfant dans la fureur et l'orage, viol, violence conjugale, misère sociale, la vie et l'avenir que représentent cet enfant peuvent être salvateurs, c'est à elle et à elle seulement d'en décider.

Quand un enfant vient au monde absent et qu'à cette absence s'ajoute une deuxième absence, le non accompagnement de cet ange jusqu'aux portes de ce pays mystérieux, celui de la paix de l'âme, mon coeur se révolte. Gardons-nous de perdre le sens du sacré! C'est peut-être , que nous soyons croyants ou non, la part préservée  de l'enfant que nous fûmes...

Sarah

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