Partager l'article ! La somme de l'être: 29 Novembre 1919. Cracovie. 19 Novembre 1992. Lyon. Entre ces deux date, des pans entiers de la vie de Mala Esther Szotland, ma d ...

Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Octobre 2011
29 Novembre 1919. Cracovie. 19 Novembre 1992. Lyon. Entre ces deux date, des pans entiers de la vie de Mala Esther Szotland, ma douloureuse mère,jamais révélés. 12 Janvier 1921. Karlsrüe. Août 1942. Convoi 24. Auschwitz. 30 août 2002 Lyon. Mon père, Max. Une trace forte dans l'Histoire. Une forme de détachement, de distance souriante, éloignant toute tentative de définition de la nuit et du brouillard qu'il traversa.
Je suis le fruit de ces deux êtres. J'ai traversé leurs terres arides, j'ai porté longtemps sans discernement leurs trop lourds bagages. Puis j'ai laissé enfin place à la vie, pas celle qu'on leur avait spoliée, entre cauchemars et renoncement, non, celle qui accepte le soleil et la lune, les larmes douces et le bonheur d'un matin de printemps.
C'est à celà que je pensais ce matin, en accueillant par ma fenêtre ouverte, la douce caresse d'un souffle de vent. La subtile alchimie qui nous constitue, passé et promesse d'avenir intimement mêlés, nous fait balancer entre rire et larmes, folle espérance et sensation que nos fondations sont mouvantes.
Il existe un rempart au mal être, solide, constructeur et tourné vers la vie: L'amour. Celui que nous donnons, celui que nous recevons, celui que nous nous offrons, à chaque jour renouvelé. L'Humain est un funambule. Seul sur sa corde tendue, de midi à minuit, le voilà infiniment fragile. Dès qu'en bas, il aperçoit des regards et entend des voix qui le soutiennent, ses pieds deviennent légers, sa tête reliée au Très Haut. La somme de l'être.
Commentaires