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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Dimanche 15 avril 2007 7 15 /04 /Avr /2007 08:51

Aux premiers temps, lorsqu'elle avançait sur le chemin, ils étaient tous là...

Puis l'homme au visage vieux, celui qui lui avait offert des diamants de sucre étincelant, effraya les oiseaux par un geste in-ouï. Ils étaient encore présence, et silence, mais leurs chants s'étaient tus. La tête enfouie dans les plumes de leurs ailes, ils semblaient dormir, un peu trop calmes.

L'homme ne fut plus qu'oubli, mais d'autrent vinrent, les mains tendues. Ils lui donnèrent des colliers de mensonge et la forcèrent à se coucher sur des tapis de violence. Les tapis faillirent bien l'étouffer. Mais elle avait été conçue d'une matière encore ignorée d'elle. A la fin du jour, lorsque le soleil devenait rouge, elle se secouait longuement, murmurait une mélopée qui réveillait les oiseaux un instant, enserrait le tronc des arbres, la vie revenait. Mais, de soleils rouges en matins cendrés, elle perdait peu à peu le souvenir du monde qui brillait là-bas, à l'autre extrémité du chemin.

 Un collier de mensonges de trop. Un tapis plus violent que les autres. Révolte. Elle comprit enfin qu'elle devait faire un choix. Etre celle qui parlait aux oiseaux, caressait les arbres, chantait sa rage au soleil rouge, sans chercher à voir s'il y avait un autre côté de la douleur. Ou avancer sur le chemin. Prendre le risque de la lumière cristal, du murmure des cascades, des bras tendus avec bonté.

Elle avança. Et commença à écrire et à chanter sa propre histoire, dans la couleur, la diversité et l'alternance de soleils rouges et de lunes pleines. Sans renoncer à son univers mais en accueillant la vie, au lieu de la contourner.

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