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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Dimanche 18 mars 2007 7 18 /03 /Mars /2007 09:10

Pour moi, qui vient d'une culture où le Livre s'écrit avec respect et majuscule, je n'ai jamais occulté la puissance qui pouvait se dégager de "cet assemblage de feuilles imprimées", selon la définition du Petit Robert. Le livre a accompagné ma remontée vers la lumière, en des temps où je ne savais pas si demain aurait encore un sens et une légitimité. Il a abattu un à un les murs que j'avais érigés en dérisoire protection contre ce qui me semblait par avance inaccessible, la Connaissance.

Depuis, le chemin est tracé, mon bâton de cherchant, le Livre, est devenu un compagnon fidèle. Mais pour d'autres, lire, simplement en avoir le droit, est marqué du sceau de l'interdit. Dans nos pays démocratiques, il est devenu si évident de trouver partout un accès à la lecture. En France, des bénévoles se mobilisent pour apporter le livre au coeur des quartiers, vers ceux qui, comme moi en d'autres temps, pensent que la lecture n'est pas de leur univers. Alors souvent le miracle s'accomplit. Le bâton de cherchant se transmet.

Pourtant, pour des êtres persuadés de représenter la seule vérité admissible, le Livre est un brûlot, un semeur de trouble, un agent de perversion, qu'il faut détruire ou interdire. Le premier autodafé nazi, en mai 1933 à Berlin, suivi de nombreuses "répliques, entendait éradiquer publiquement des livres dits dissidents. Ainsi furent condamnés à brûler en public les ouvrages de Brecht, de Freud, de Marx de Stephan Zweig, entre tant d'autres. En Afghanistan, sous le joug des Talibans, qu'avait-on interdit aux femmes, tous âges confondus? L'instruction, la possession de livres. Retenues chez elles par des barreaux invisibles, des femmes Afghanes, bravant au péril de leur vie tous les interdits, enseignèrent en secret, évitant ainsi le total anéantissement culturel de plus de la moitié du pays. Les quelques livres encore en leur possession étaient porteurs d'une folle espérance.

Partout dans le monde, des hommes luttent pour la survie de leurs nobles combats, retenus par les fers, en se remémorant des passages de livres, les empêchant, jour après jour, de sombrer. Lire peut être un acte militant, si l'on garde en mémoire tous ceux qui n'ont pas même ce droit fondamental.

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