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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Lundi 11 juillet 2005 1 11 /07 /Juil /2005 00:00

LYON.  SONIA BORENSTEIN     UN PEINTRE  EN EXIL

 En 1990, Suzanne Berthet, peintre oubliée de tous, disparaît sans éclat médiatique. Peu de temps après, Benoît Giraud, Docteur en Histoire de l’Art lyonnais, expert international auprès de l’ONU, croise la route de son neveu, qui vit dans la banlieue lyonnaise. Héritier de la collection de sa tante, lui -même arrivé au terme de sa vie, il cherche  celui qui pourra, en achetant  ses toiles, redonner force et vie à Sonia Borenstein, sa tante, morte sous le nom d’emprunt de Suzanne Berthet.

 Entre ces deux hommes, un lien se tisse, hors du champ habituel propre à une négociation. L’histoire de Sonia, racontée par son neveu, esquisse  la trame d’une vie aux débuts  prometteurs. Née à Varsovie en 1903, dans une famille de la haute bourgeoisie juive polonaise, Sonia Borenstein mène une existence protégée. Très jeune, elle révèle ses dispositions pour la peinture. Elle suit les cours de l’Ecole des Beaux-Arts de Varsovie. Ses œuvres d’alors semblent sereines. Puis viennent les années de cendres et la fuite de cette Pologne qui la rejette. Sonia Borenstein disparaît et renaît sous le nom de Suzanne Berthet. Commence alors pour l’artiste une vie d’exilée. D’abord réfugiée au Maroc, puis à Toulouse, elle se fixe définitivement à Paris. Sonia Borenstein travailla principalement en compagnie de Chagall, Soutine, Kats. Certaines de ses toiles sont révélatrices de ces espaces temps partagés avec ses camarades d’exil. D’autres témoignent de ses enracinements provisoires, du Maroc à Paris, d’Israël à Toulouse, où elle créa et exposa. Lumineuse et forte, son œuvre, près de 300 huiles, gouaches et dessins, révèle les lignes de fractures de la vie de cette artiste discrète. Elle laisse peu de traces de sa vie propre, ni photos, ni écrits.

 Pendant des années, en lien avec son neveu, Benoît Giraud tenta de sortir de  l’oubli l’œuvre de Sonia Borenstein. Devant la force d’inertie du marché de l’Art, réticent à exposer ou acheter une artiste « hors cote », il décida d’acquérir lui-même l’ensemble de la collection.  Le neveu de Sonia Borenstein décédé récemment, Benoît Giraud  se ressent désormais comme dépositaire de la mémoire de l’artiste. A travers cet article, il espère susciter un intérêt dans le monde juif pour que, selon sa propre expression « Sonia Borenstein se réveille parmi les siens ». L’ensemble de l’œuvre vient d’être répertoriée sur un CD-ROM.

 Sylviane Sarah Oling TJ  2001

 

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