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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Octobre 2011
RUE DES ROSIERS
Quand perdrai-je le goût
Ce qui n’est pas toi ?
Quand cesserai-je de te chercher
Dans les recoins les plus fous
De ma mémoire qui bute et s’évade
Pour ne plus te murmurer ?
Quand la lumière aura-t-elle perdu
Son voile cendré ?
Cristal incertain
Douleur maîtrisée du temps
Qui m’enchaîne
A ces bribes de Toi…
Plus d’abri derrière le miroir, qui se brise
De ne savoir encore te refléter
Plus d’étoiles, en berne,
Pour unir nos mains
Qui se sont égarées ailleurs.
Pourquoi m’as-tu abandonnée
Un matin sans gloire, brume de silence
Recouvrant tes yeux assassins ?
Pourquoi ne t’es-tu pas retourné
Pour me poignarder ?
Du dégoût de tout
Shalom ! Me jeta le vieux rabbin
En me croisant sans s’arrêter..
Shalom ? Tu rêves peut-être de moi…
Mais tu as perdu ton aura
Et la rue des Rosiers
Se referme sur nos souvenirs.
Paris 2000
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