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Rassembleur  d'Etincelles -

Un écrivain journaliste partage avec vous son univers, ses passions, ses coups de griffe à l'actualité et sa passion de la musique des mots

Abd Al Malik. Un jeune homme lumineux...

Publié le 28 Janvier 2007 par Sarah Oling in ENTRE VOUS ET MOI... LES MOTS DU LIEN

Aujourd'hui, mes pensées vont plus particulièrement à ces millions d'étincelles qui ne pourront plus être rassemblées que par l'esprit de ceux qui leur rendent hommage. Auschwitz, nom imprononçable, indicible, évocateur de tant de douleur et d'absolue déshumanisation qu'il appelle en echo à la ré-union des inconciliables, à une révolution des esprits.

  C'est aujourd'hui, précisémment, dans ce contexte mémoriel, que je voulais évoquer le nom de ce jeune homme, à priori loin de la Shoah, de mon univers musical et spirituel. Abd Al Malik, poête qui mélange dans ses textes le rap et le slam, m' a tout d'abord interpellée, au détour d'une émission à la télévision que je regardais distraitement. Je l'ai entendu évoquer son voyage à Auschwitz avec le Père Emile Choufani. J'ai soudain prêté attention à ses propos. Il racontait son adolescence dans un quartier difficile de Strasbourg, la tentation de la délinquance, presque inscrite en filigrane dans son histoire. Puis la rencontre avec des maîtres éclairés, mettant à jour cette parcelle d'humanité qui a fait basculer tant de destins avant le sien. Le jeune rebelle s'est trouvé projeté dans un autre univers, celui de l'éveil à la connaissance. Désormais, nourri de l'approche de grands philosophes, qu'il cite en exemple, Deleuze, Dérida, entre autres, il appris à se considérer comme partie résonante de la société dans laquelle il évolue. La tentation d'un Islam radical l'a absorbé un temps, puis il prend conscience que la voie qu'il a prise ne lui correspond pas. IL dit qu'il est contre le mélange de la spiritualité et de la politique, ou du militantisme. Qu'il revient d'une époque douloureuse pour lui, où sa pratique était déconnectée du partage et de la tolérance. Désormais, il a , dans le soufisme, à l'aide d'un maître vivant, appris d'autres valeurs. Dans une interview accordée à Nadia Sweeny pour Saphir News,  Abd Al Malik répondait à une question sur ce qu'il pensait de la situation des musulmans aujourd'hui "On est certes musulmans, mais on fait partie d'une communauté bien plus grande, la communauté humaine. (...) Il n'y a que les femmes et les hommes de bonne volonté qui nous permettront de nous en sortir. Qu'ils soient musulmans, juifs, chrétiens, croyants ou non, qu'importe. J'ai le sentiment que ma force personnelle me vient de l'Islam, mais ce n'est pas parce que je  la puise là que tous doivent la puiser au même endroit.  Il y a une parole de notre Prophète disant que la meilleure chose que l'on puisse faire pour améliorer le monde, c'est de s'améliorer soi-même

Pendant l'émission où je l'ai découvert, évoquant le père Emile Choufani et sa découverte d'Auschwitz, il a rajouté ce que lui avait enseigné ce prêtre "Il faut savoir pleurer avec un Autre, pour pouvoir un jour rire avec lui"

Il ne m'a pas semblé indécent, bien au contraire, de parler d'Abd Al Malik aujourd'hui . Tous ceux qui peuvent contribuer, par leur éveil spirituel, de quelque religion ou de quelque univers qu'ils soient,  ou par leur volonté propre à rendre un autre Auschwitz impossible me sont précieux.

 

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