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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /Jan /2007 10:11

Hier, j'ai appris par les médias  le récit hallucinant d'un détenu dans une prison française qui aurait tué, en le "dévorant", son co-détenu. Et j'ai réfléchi à ce tabou absolu, à la fois éthique et moral. On ne dévore pas son semblable! Ni un animal familier, ni un poisson nageant à contre-courant dans notre aquarium, tous investis d'une charge affective et émotionnelle qui les distancient d'une possible consommation. Ce qui ne retient cependant pas nombre d'entre nous  de mitonner un poisson "anonyme" ou un lapin que nous n'avions jamais vu gambader avant qu'il ne s'invite dans notre cuisine. 

 On ne dévore pas son semblable... Au sens premier du terme... Hors du champ du pathologique.  Ce qui s'est certainement produit pour ce détenu, ayant vraisemblablement perdu tous repères humains. Mais il y a d'autres formes d'anthropophagie. Plus diffuses, plus difficiles à identifier. Lequel d'entre nous ne s'est-il pas senti un jour "cannibalisé" par quelqu'un qui avait  envahi son territoire, sa vie, ses pensées? Souvent en confondant ce qui est nommé comme étant de l'amour absolu et qui peut dégénérer dans une volonté de possession  mortifère. L'autre est alors "dévoré" symboliquement et parfois détruit physiquement. Au nom du  principe du "Tu es à moi et à personne d'autre".

Nous avons un besoin essentiel et existentiel d'être aimés, reliés à nos semblables. Lorsque nous n'avons pas reçu cet amour en partage dès l'enfance, ou qu'il nous a été ôté, le manque peut être si violent que lorsque un autre vient le combler, nous pouvons  parfois nous illusionner cruellement. Mais toutes les histoires d'amour ne finissent pas tragiquement! Et sans l'amour, l'espérance de le trouver, l'apaisement de le partager, que deviendrions-nous? Entre se faire dévorer ou être seul face à l'echo de sa douleur, il existe des chemins de traverse, illuminés de rencontres, éphémères ou engageantes, qui font de notre vie une terre bonne à cultiver.

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