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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Octobre 2011
Que penser de la situation des prisons en France? Que conclure lorsque j'entends ici ou là définir notre système carcéral comme étant "la honte de la République"? Que celui ou celle qui n'a pas respecté l'ordre, la morale ou la vie d'un autre que lui soit jugé, puni et privé momentanément de sa liberté et de ses droits est légitime. Toute société à le devoir de se protéger . Mais doit-elle le faire en perdant son âme? Les prisons doivent-elles être des machines à broyer l'humain que l'on enferme, au risque de lui ôter à jamais toute possibilité de rédemption en lui enlevant sa dignité?
Est-ce honorer notre institution pénitentiaire que de rendre la prison si déshumanisée qu'elle en devient pathogène, générant chez certains un tel désespoir qu'il les pousse au suicide? N'est-ce pas se grandir que de favoriser la réinsertion de ceux qui peuvent peut-être encore l'être? Il y a dans nos prisons des individus dangereux, irrécupérables, pour qui la mise à l'écart est la seule alternative ensisageable. Mais ce n'est qu'une petite partie des 57 000 prisonniers actuellement détenus en France.
Je sais que ce débat est polémique.
Je comprends, pour avoir une particulière sensibilité impliquée, ce que peut être le sentiment de ceux qui se sont vus enlever un enfant, tuer un être cher, violenter un proche. On voudrait que l'être vil et abject qui a commis cet acte qui nous touche intimement soit brisé, définitivement écarté à tout le moins. Mais vient un temps où le pardon, ou, s'il est impossible, une forme de volonté de dépassement, peut nous faire envisager autrement la condition de celui qui est mis à l'écart, non pour lui, pour son bien-être à lui, mais simplement pour notre propre chemin de vie.
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