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Rassembleur  d'Etincelles -

Un écrivain journaliste partage avec vous son univers, ses passions, ses coups de griffe à l'actualité et sa passion de la musique des mots

Au jeu de l'arroseur arrosé... Mon interview par Manuel Ruiz

Publié le 18 Novembre 2006 par Sarah Oling in O.N.I. (objet narcissique identifié...)

15 novembre 2006  

Aujourd'hui, une interview de Sarah Oling. Cette écrivaine lyonnaise a déjà publié trois livres et prépare le quatrième. Ses activités ne s'arrêtent pas là, puisqu'elle donne aussi des conférences dans les lycées et collèges. Elle trouve néanmoins le temps de nous répondre.

1/Sarah Oling, c'est vous, ou c'est votre voisine ?

Allez savoir ! Qui suis-je ? Vous avez raison, je vais aller sonner chez ma voisine, peut-être n’est ce pas moi qui vous répond, d’ailleurs ! Seul léger problème, ma voisine… est un voisin ! Charmant, d’ailleurs !

2/En quelques mots, votre parcours littéraire et artistique ?

En combien de mots ? Pour être sérieux… Je crois que je ne me souviens pas absente de l’écriture, j’ai commencé mes premières errances textuelles dès que je sus tenir un crayon ! Et cela ne s’est pas calmé depuis… J’ai donc commencé par des poèmes, maladroits, enflammés, lyriques… Puis j’ai poursuivi fiévreusement par des nouvelles, avant de me lancer dans la grande aventure d’un texte entier. Je fus également comédienne, de théâtre, au sein de la Compagnie Etoile de l’Aube. Si ma carrière ne fut pas éblouissante, en terme de notoriété, j’en garde plein de moments forts. Jouer du Duras en théâtre Nô reste du domaine de l’inoubliable ! Surtout pour les spectateurs

3/Combien de livres ? Les titres ? Les éditeurs ?

Trois livre publiés : Donnez-Moi un Dieu et Le Rassembleur d’Etincelles aux Editions Cosmogone  et Je n’irai plus à Cracovie murmurer ton nom aux Editions Aléas. Un manuscrit en attente de publication   Le Sceau de Ganesh et je suis repartie en écriture d’un nouveau roman, mais chut… ce sont les prémisses !

4/Vous n'en avez pas assez des délires qui accompagnent la fonction d'écrivain dans notre société ?

De quels délires ? C’est vrai que l’écrivain est considéré comme un être un peu mystérieux, souvent entouré de chats, vivant en retrait du monde, souvent entomologiste de son entourage, écrivant fébrilement sur la moindre feuille de papier le plus infime événement… C’est plus nuancé, mais pas tout à fait inexact, non ? Mon cher Manuel ?

5/Vous avez participé au livre "La Condition d'Ecrivain". De quoi s'agissait-il exactement ?

D’une vaste enquête sous forme d’un questionnaire, adressé à environ 500 écrivains de Rhône-Alpes, dont je faisais partie.

6/Ecrire, ça mène à quoi ? Le public semble se moquer des livres.

A quoi mène l’acte d’écrire ? Je vous dirai plutôt que ne pas écrire, dans mon cas, mène à une forme d’aridité intérieure, un manque viscéral, une peur sourde de ne plus pouvoir écrire à nouveau. L’écriture m’est source. Pourquoi me priverai-je de cette source de vie ?

7/Parlez-nous de vos livres. "Le Rassembleur d'Etincelles" ?

Il raconte l’histoire d’un vieil homme, Yann et de son voyage intérieur au cœur de la souffrance de ses souvenirs. Il aurait dû être le plus grand chef d’orchestre de tous les temps, s’il n’était pas né en Autriche au mauvais moment. Mais il ne parle plus désormais qu’aux oiseaux. Yann, grâce à un jeune musicien, qui devient son élève, va accepter d’évoquer sans complaisance ses erreurs, sa mauvaise lecture des événements, ses compromis malheureux pendant que se déroulait en Allemagne l’horreur de la Shoah.Comme tout survivant, il porte avec lui le poids de cette culpabilité injuste et terrible : ne pas avoir disparu avec ses êtres aimés.

8/- Et « Donnez-moi un Dieu » ?

C’est un récit à trois voix qui fait dialoguer, à travers leurs journaux intimes, Abraham et sa fille Esther, sous les yeux de Sarah, la troisième voix. Sarah, la petite fille d’Abraham, retrouve à la mort d’Esther les carnets de son grand-père et de sa mère. Sa propre histoire explose…

9/- Et « Je n’irai plus à Cracovie murmurer ton nom » ?

C’est l'histoire d’une femme prisonnière d’une tragédie transgénérationnelle, un hymne à la résilience et à la victoire de la force de la destinée, centré sur le personnage d’Elise, parfois naïf et léger, qui traverse les épreuves sans jamais se lamenter sur son sort.

10/Un de vos livres va être adapté au cinéma en Inde ?

Je l’espère, en tout cas, mais rien n’est encore vraiment engagé. Le Sceau de Ganesh (titre provisoire) est mon dernier roman en quête d’éditeur. A la demande d’une personne impliquée dans des affaires en Inde, j’en ai fait l’adaptation cinématographique. Et des contacts sont en cours à Bombay. Mais c’est l’Inde, dans toute sa splendeur, sa lenteur légendaire à traiter les affaires, et son éloignement géographique !!!

11/Littérature, théâtre, cinéma, vous touchez à tout. Y a-t-il un mode d'expression que vous ne pourriez pas employer ?

Je suis une femme de défi. Lorsqu’un chemin se présente, qu’il me semble noble et porteur de partage et d’humanisme, je me lance !

12/Les prix littéraires, c'est magouilles et compagnie ?

Je ne me permettrai pas de vous répondre. Je ne suis ni petite cuillère sur une table du café de Flore, ni chihuahua dans les bras d’un membre du jury du Goncourt, ni… en clair, je ne commente pas ce que j’ignore…

13/Vous faites des conférences dans les écoles. Les jeunes sont-ils réceptifs ou est-ce que ça leur passe par-dessus la tête ?

Je dis plus volontiers que j’ouvre des espaces de parole avec ces jeunes. Nous sommes alors dans une véritable altérité, un échange. Ils me reçoivent comme je les accueille, avec intérêt et chaleur. Je suis avec eux aussi dans mon rôle de journaliste, qui est l’un de mes métiers, je les fais parler et je rebondis sur leurs propres préoccupations. Ils ont besoin qu’on les respecte dans leur dimension encore fragile, inachevée par essence. Ils sont sur le chemin, à nous de les aider

14/Vous n'en avez pas marre de ces programmes que la télé intercale entre les spots publicitaires ?

Pas d’avis là-dessus.

Pour finir, que pensez-vous de ce sale individu appelé Manuel Ruiz ? Est-il si infréquentable ?

Vous induisez une réponse négative, cher ami ! Pourquoi infréquentable ? Et pour penser quelque chose de vous, il faudrait que je vous connaisse plus que par votre site. Plus sérieusement, je pense que vous avez la volonté de rapprocher les êtres et leurs passions. Je pense également que vous avez vous aussi une véritable quête, d’humain d’abord, d’écrivain ensuite…

Cette interview ne vous a pas semblée trop débile ?

Elle m’a semblé surtout un peu narcissique… La journaliste que je suis a plus l’habitude de « cuisiner » que de répondre sur « sa vie, son œuvre »

Salut, bonne chance, et au revoir.    Manuel Ruiz  (Manuel est  lui-même écrivain, entre autres d'ouvrages de science-fiction. Il a réalisé cette interview pour son site internet)

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