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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Mars 2012


Mardi 29 août 2006 2 29 /08 /Août /2006 07:40

Marthe. Elle s'appelle Marthe. Dix ans que j'ai rendez-vous avec elle. Dix ans que je tourne autour de cette rencontre. Hier était le moment de me mettre en route. Il est des instants de votre vie où vous savez que vous allez accomplir quelque chose que vous pressentez comme "révolutionnaire". Cette révolution là, celle de ma visite à Marthe , fut de celles où les mots eux-mêmes semblent perdre leur précision, leur intensité. Je suis arrivée chez-elle. Une très vieille dame m'attendait à l'entrée de cette ferme perdue au milieu d'un vaste espace peuplé d'arbres et de terrains agricoles. Elle était vraiment toute petite, courbée, en attente permanente, ma charmante accueillante.  Elle me murmura que j'avais vraiment beaucoup de chance. Marthe n'avait aucune visite. Je pouvais l'avoir pour moi toute seule..Je suis entrée dans sa chambre, me suis assise sur l'une des chaises proches du divan. Il n'y a rien d'autre à raconter. Aucune anecdote. Si ce n'est que je suis restée dans cette pièce, le coeur et l'âme soulevés de lumière et de questions sans echo, ma main posée sur le rebord du divan où Marthe avait passé tant d'années allongée, ses jambes ne la portant plus au delà de cet espace clos. Moi , issue du Peuple du Livre,  fascinée par une mère qui fut bercée par la philosophie bouddhiste, imprégnée par la musique de la langue yiddish que mon père parlait depuis son enfance en Pologne, inspirée par la pensée hindouiste de Sri Aurobindo, je me trouvais au pied du lit de Marthe, décédée en 1981, après plus de 50 ans de souffrances offertes au monde, au nom de sa foi chrétienne, dans une communion de pensée et de partage absolue. Alors me vint à l'esprit cette pensée qui me guide: depuis longtemps  "Peu importe le chemin que tu empruntes, pourvu qu'il te mènes vers la Lumière..."

Au fait, si vous souhaitez vous aussi rencontrer Marthe, prenez la route de la Drôme . Allez jusqu'à Châteauneuf de Galaure et demandez la ferme des Robin...

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