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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

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Depuis la violence de mon enfance, reliée si tragiquement à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les deux  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière et tout particulièrement  " Entre les mots", préfacé par Monsieur Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, où j'ai ouvert par mon questionnement un espace de parole libre à des hommes de conviction, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient, et dont les  mots ont traversé le temps sans s'altérer.   


S Oling  Lyon 


Dimanche 30 août 2009 7 30 /08 /2009 11:12
- Communauté : PanoramArt

Préparant une conférence autour de la genèse de l’écriture de mon dernier roman, Kathâkali, j’ai retrouvé de précieux documents, héritage d’une amie, Pierrette L, qui lui furent confiés par un des disciples de  l’ashram de Sri Aurobindo. Parmi eux, les agendas de Mirra Alfassa,  compagne de Sri Aurobindo, appelée familièrement  la Mère, des originaux de courriers de Philippe Etienne François Barbier-Saint-Hilaire , un polytechnicien parisien qui, sous le nom de Pavitra, devint disciple puis secrétaire général de l'Ashram, des photos, des cartes de vœux émis de l’ashram et une longue lettre de Satprem adressée à ses « amis lointains ».  Satprem, de son vrai nom Bernard Enginger, est  mort en avril 2007, laissant derrière lui une bibliographie importante. Après être entré en 1942 dans un réseau de résistance de la région de Bordeaux, il a à peine vingt ans, lorsqu’il est arrêté par la Gestapo et passe un an et demi dans le camp de concentration de Mauthausen. Il se retrouve ensuite en Haute-Égypte, puis en Inde, au gouvernement de Pondichéry, c’est là qu’il rencontre Aurobindo  et La Mère. Leur destinée sera désormais liée. Après la mort de ses deux maîtres, Satprem parcourt le monde,  en quête perpétuelle de l’évolution de l’Homme.


Et c’est en relisant cette lettre que je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec notre actualité. Oui ! Le monde va mal, en quête de repères, de raisons d’espérer  ou de cesser de désespérer. Pris dans un maësltrom d’informations descendantes, pandémie annoncée, crise économique, perte de sens, où se tourner pour trouver un peu de lumière et de force ?

 

Je vous livre des extraits de cette lettre de Satprem, datée de février 1978, adressée de Nandanam, non comme  une tentative de réponse, mais comme un chemin de possible réconciliation avec soi-même et les autres. Pour en quelque sorte opposer une vision désespérée à une vision utopiste de l’avenir. L’un et l’autre étant des extrêmes, cela nous conduira, peut-être, à la Voie du Milieu…

 

«(…) Nous sommes dispersés, éloignés, chacun sur son petit continent, avec de petits et grands soucis, et la vie de tous les jours. Pourtant ce n’est plus comme tous les jours, une lumière cherche à se glisser à travers les fils de notre trame, si nous le voulons bien. Que pouvons-nous faire pour hâter son Moment ? Il faudrait tellement que cela aille plus vite. La terre est douloureuse, nos petits sentiments sont si gris et périmés(…) Certainement, la plus grande aide est d’appeler cette « autre chose », ce demain de la Terre, dans son cœur, dans ses actes, dans ses pensées, avec chaque pas, chaque geste, sourdement, obstinément comme on cogne à une porte, comme un appel d’oxygène et l’espace d’un sourire dans cette grisaille. Appeler, c’est faire invisiblement pousser des ailes, c’est faire un trou dans la carapace de l’habitude. (…) Vous qui aimez Mère, qui avez senti ce sourire, ce grand possible battre, donnez-vous un peu. Sortez de votre coquille. Allez porter cet imperceptible frémissement du Monde nouveau. (…) Que notre sourire embrasse toujours plus de sourires. Pour que la terre soit légère. Ensemble ! Satprem »

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