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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

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Depuis la violence de mon enfance, reliée si tragiquement à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les deux  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière et tout particulièrement  " Entre les mots", préfacé par Monsieur Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, où j'ai ouvert par mon questionnement un espace de parole libre à des hommes de conviction, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient, et dont les  mots ont traversé le temps sans s'altérer.   


S Oling  Lyon 


Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /2009 11:37
- Communauté : PanoramArt

J’ai vingt ans et je vis parmi vous, mais vous ne me voyez pas… Mon propre horizon est si limité que je perçois avec peine les contours de vos visages. Mais j’ai appris à décrypter, du plus infime des signes au rejet le plus absolu. Je vous sais interpellés, préoccupés, indignés ou même en absolu déni de ce que je représente. Je vous comprends, oui, je vous comprends… Parfois.

 

J’ai vingt ans et je ne sais pas la caresse du soleil sur ma peau, je n’en éprouve que sa violente morsure et la pesanteur moite qu’il me procure. J’ai vingt ans et vous l’ignorez. Comment pourriez-vous le savoir d’ailleurs ? Le monde où je vis me barricade si puissamment que je voudrais crier  pour que vos yeux cessent de se détourner de cette informe forme derrière laquelle je respire pourtant. À peine. Si près de vous qu’il  suffirait de presque rien, juste un pas, pour que nos mains s’effleurent. Nos mains… La mienne, recouverte de noir, est belle, elle est artiste, elle veut créer, caresser, peindre en couleurs étincelantes l’au-delà de ma grille, l’arracher même.


Je ne m’en donne pas le droit. Je suis figée dans la pierre. C’est ainsi que la tradition l’a voulu. C’est ainsi que je dois en être l’une des enfants sages. Et reconnaissante. De ne pas être brûlée par les regards. Ceux des hommes menteurs. Qui veulent asservir mes vingt ans. Je dois être sage et soumise. Ce que vous nommez « ma prison de toile » est ce que j’ai de plus précieux, la liberté d’être et de me mouvoir en dehors des quatre murs de ma maison.


Mais ce que je vous murmure aujourd’hui, à vous qui ne m’entendez pas, je pourrais vous hurlez l’exact contraire quelques instants plus tard. Comment se dire libre recouverte d’un linceul ? Comment être sage et obéissante alors que le monde bruisse de mille parfums que je peux percevoir derrière la grille que je me suis moi-même imposée ? Que signifient mes vingt ans sans gloire ni avenir, coupés ainsi de tout ce qui fait sens ?


Suis-je en liberté intérieure ? En exil de moi-même ? Y a-t-il une vérité absolue ? Un réponse définitive ?

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