Depuis la violence de mon enfance, reliée si tragiquement à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les deux projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière et tout particulièrement " Entre les mots", préfacé par Monsieur Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, où j'ai ouvert par mon questionnement un espace de parole libre à des hommes de conviction, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient, et dont les mots ont traversé le temps sans s'altérer.
S Oling Lyon
Je ne m’étais jamais vraiment intéressée aux tissus, du moins à leur histoire, par
méconnaissance tout simplement… Méconnaissance de la richesse ethnologique, historique, que peut comporter la découverte de lambeaux d’étoffes, dans des tombeaux par exemple. Ce préambule pour
expliquer pourquoi je n’avais pas encore visité le Musée des tissus de Lyon. Il a fallut que ma meilleure amie qui vit en Israël soit de passage quelques jours chez moi et me parle de son désir
de voir l’exposition « La couture Corps et Ame », pour que ma vision simpliste sur les tissus
en général et la couture en particulier bascule en quelques instants.
L’avouerai-je ? Je n’avais jusqu’alors pas entendu parler du couturier Franck Sorbier, cependant figure majeure de la Haute Couture contemporaine. Et c’est sans intention particulière autre
que de lui faire plaisir, que j’accompagnais cette amie. Elle en sourit encore d’ailleurs. Gardant en mémoire mes expressions d’émerveillement dès
mes premiers pas dans l’univers féérique créé comme un écrin autour des robes et des costumes de scène du couturier. Chaque salle de l’exposition est un monde en elle-même. Un monde sonore,
onirique, poétique mettant littéralement en scène des costumes et des robes, par thématique et par couleur. Les vitrines sont balayées par des lumières représentant la gamme chromatique la plus
subtile, entre ombre et lumière, entre soleil éclatant et lune intériorisée.
Les 170 pièces uniques, costumes de scène entre autres,
provenant pour nombre d’entre elles de collections privées, semblent prendre vie devant nos yeux. J’ai cru parfois discerner dans les plis et les drapés la silhouette élégante d’une belle se
rendant à un mystérieux rendez-vous, nimbée d’une aura de subtile chatoyance. Je suis allée à la rencontre des contes de notre enfance, croisant au détour d’une salle, Alice au Pays des merveilles, Peau d’Ane revêtue d’une robe couleur de temps… ou une inconnue sublimée par la magie d’un couturier aux ailes de vent.
Franck Sorbier, dont l’exposition a déjà eu les honneurs du Ministère de la Culture au printemps 2009, est un ardent défenseur de l’artisanat d’art
et de la transmission de ses savoir-faire, avec quatre autres figures engagées dans la sauvegarde de ce
patrimoine, également parrains de cœur de l’exposition, le maître brodeur François Lesage, le maitre bottier Raymond Massaro, Jean-Claude Renaud, pour ses boutons et Frédéric Champavère,
collectionneur d’art.
Je suis ressortie de cette exposition littéralement transportée d’enthousiasme, riche d’une nouvelle palette, un pas dans la connaissance d’un art à part entière.
Vous pouvez encore découvrir l’univers de Franck Sorbier jusqu’au 20 septembre 2009 au Musée des Tissus de Lyon 34 rue de la Charité 69002 Lyon www.musee-des-tissus.com
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