Depuis la violence de mon enfance, reliée si tragiquement à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les deux projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière et tout particulièrement " Entre les mots", préfacé par Monsieur Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, où j'ai ouvert par mon questionnement un espace de parole libre à des hommes de conviction, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient, et dont les mots ont traversé le temps sans s'altérer.
S Oling Lyon
Comme beaucoup, je n’attendais pas de cette deuxième conférence de l’ONU sur le racisme, qui s’est achevée à Genève vendredi 25 avril
dernier, qu’elle fasse disparaitre d’un coup de baguette magique les conflits et le racisme dans le monde. Comme beaucoup, je craignais de voir se reproduire le triste scénario de Durban I, en
2001, quelques jours avant les attentats du 11 septembre. Conférence marquée par le départ anticipé des Etats Unis et d’Israël, après la présentation d’un avant projet de déclaration assimilant
le sionisme au racisme.
C’est pour ces raisons que plusieurs pays, dont Israël et les Etats-Unis, avaient opté pour le boycottage de la conférence de Genève. Conférence ouverte le 20 avril par le Président iranien Ahmadinejad . Ce discours, si « nauséeux » a provoqué le départ de plusieurs dizaines de délégations,
notamment française et européenne, quittant ostensiblement la salle. Réaction qui peut largement s’expliquer, au regard des propos tenus, dont je vous livre un
florilège :
« Chers amis, aujourd'hui, la communauté humaine est confrontée à une sorte de
racisme qui a terni l'image de l'humanité au commencement du troisième millénaire.
Le Sionisme Mondial personnifie le racisme qui a faussement recours aux religions et abuse des sentiments religieux pour dissimuler son visage haineux et laid. Cependant, cela a beaucoup
d'importance de mettre en avant les objectifs politiques de certaines puissances mondiales et de ceux qui contrôlent d'énormes ressources économiques et intérêts dans le monde. Ils mobilisent
toutes les ressources dont leur influence économique et politique et les médias mondiaux pour apporter en vain un soutien au régime Sioniste et pour minimiser malicieusement l'indignité et le
déshonneur de ce régime.
Ce n'est pas simplement une question d'ignorance et on ne peut mettre fin à ces phénomènes hideux par des campagnes au niveau consulaire. Des efforts doivent être faits pour mettre fin aux abus
par les Sionistes et leurs supporters politiques et internationaux et dans le respect de la volonté et les aspirations des nations. Les gouvernements doivent être encouragés et soutenus dans
leurs combats visant à éradiquer ce racisme barbare et pour avancer dans les réformes des mécanismes actuels internationaux.
Il n'y a aucun doute que vous êtes tous conscients des conspirations de certaines puissances et des cercles Sionistes contre les buts et objectifs de cette conférence. Malheureusement, il a eu
des écrits et des déclarations en soutien aux Sionistes et à leurs crimes. Et c'est la responsabilité des représentants honorables des nations de dénoncer ces campagnes qui vont à l'encontre des
valeurs et principes humains.
On devrait reconnaître que de boycotter une telle rencontre ayant une portée internationale remarquable est une véritable indication qu'on soutient cet exemple flagrant de racisme.
(l’intégralité du discours est accessible par ce lien Ahmadinejad : L'intégralité de son discours à Durban 2)
Comment poursuivre sereinement ensuite des travaux sensés apporter des solutions concrètes et humanistes au fléau du racisme qui gangrène une partie de la société mondiale ? Certains intervenants, comme le représentant du Kénya Githu Muigai, rapporteur spécial de l'organisation sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance, ont fait le constat que "Durban II" a illustré la nécessité "d'écarter les débats idéologiques incendiaires du travail concret, technique, qui doit être accompli sur le front du racisme». Il a rajouté "Beaucoup des sujets qui ont dominé les échanges n'ont rien à voir avec le débat sur le programme qui doit être adopté pour lutter contre le racisme", invitant l'Onu à en tirer les leçons.
Entre polémiques, malaise, confusion dans les propos, départs anticipés de délégations qui ne se sont pas déshonorés en laissant leur chaise vide, que restera-t-il de Durban II ? La caution de respectabilité apportée par l’ONU au président iranien lui a permis de lancer « à la ville et au monde » des propos indignes. Le racisme, sa lutte, les moyens pour tenter de l’éradiquer, est une cause sérieuse, si sérieuse qu’il y a grand danger à laisser s’exprimer au nom de ce combat des voix plus que discordantes.
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