Depuis la violence de mon enfance, reliée si tragiquement à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les deux projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière et tout particulièrement " Entre les mots", préfacé par Monsieur Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, où j'ai ouvert par mon questionnement un espace de parole libre à des hommes de conviction, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient, et dont les mots ont traversé le temps sans s'altérer.
S Oling Lyon
Qui est cet Autre dont je suis l'écho? De quelle matière suis-je constituée? Quelle est cette
mémoire lointaine qui me rend si proche de tous les "indigènes" en désespérance d'une terre amie? Vendredi, pendant la semaine de Pessah, avant veille de Pâques, habitée par la lente litanie des prières, cherchant à relier les étincelles éparses de mes si nombreux absents, j'ai soudain cessé d'être en errance intérieure.
Vendredi, précisément, dans la Cathédrale Saint Jean de Lyon, où je me rends régulièrement, moi qui me revendique comme croyante, mais sans pratique
étayée, autre que celle de l'intimité de ma foi, j'ai eu le sentiment d'être à ma place.
Ma place, qui est aussi celle de l'Autre...
Dans cette cathédrale, ouverte sur un autre rite que celui de mes fondations originelles, où tout est symbole, j'ai enfin ressenti le sens premier du mot religion. Ce banc sur lequel je suis venue prier, est le même où pendant l'office du dimanche pascal, avec une autre prière, dans un autre langage, mais porteur de la même espérance, un Autre prendra sa place...
Et c'est de cela, de ce sentiment d'appartenance-là, dont j'avais le désir de témoigner aujourd'hui, par ces quelques mots adressés à tous ces Autres, connus ou inconnus, qui constituent la trame de notre Humanité en marche.
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