Partager l'article ! La force de l'Echange: Le 14 avril dernier, je suis intervenue dans une classe de troisième, avec des élèves du collè ...
Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que
journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un
rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble
devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Mars 2012
Le 14 avril dernier, je suis intervenue dans une classe de troisième, avec des élèves du collège du Mont Saint Rigaud, dans le haut Beaujolais. Rencontre préparée en amont avec leur professeur d'histoire, Monsieur Morel et leur proviseur, Elisabeth Dassonville. Comme à chaque fois, j'allais vers ces jeunes gens avec l'émotion intacte de l'attente d'une vraie rencontre, sans la barrière d'un statut quelconque entre nous. J'ai eu tout d'abord la belle surprise de me trouver dans un lieu enchanteur. Le collège est le dernier bâtiment avant la campagne autour de Monsols. La cour donne sur un pré, des biches passent parfois sous les fenêtres...et des arbres en fleur achèvent le tableau. En entrant dans la classe, j'ai trouvé des élèves préparés, ayant travaillé avec leur professeur, questionnants et impliqués. Ils m'ont donné la vraie dimension de ce qui est tout pour moi sauf un "travail" et la beauté du sens de l'acte gratuit, qui ne devient plus un geste à sens unique mais partage des étincelles de lumière que m'offrent ces adolescents, en flamboyant retour de ce que je croyais, moi, leur apporter.
Je ne suis pas sûre de réussir à chaque fois à exprimer à chacun de ces jeunes combien je les aime, dans l'instant de ce qui se noue entre nous à chaque rencontre. Ils sont véritablement acteurs de ces moments forts et nous jouons ensemble pendant les 2 ou 3 heures que dure l'échange une partition qui part du tragique de la Shoah, des questions sur le racisme, la violence sous toutes ses formes, pour aller vers la légèreté espérée d'un avenir dont ils deviendront, par leur seule volonté, des architectes libres et conscients...
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