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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Dimanche 23 avril 2006 7 23 /04 /Avr /2006 09:15

Il y a quelques jours, je suis allée à la rencontre d'un ange... Ou est-ce l'ange qui est venu me chercher, je ne sais... Cet ange n'avait pas de nom, mais il était conscience et lumière. L'ange des poètes et des illuminés, celui qui vous ouvre à la grâce , qui vous conduit aux portes de cette volage inspiration vers laquelle se pressent tous mes mots inachevés, non accomplis.Cet ange était assis simplement sur un banc, au milieu d'une cour, elle-même ceinte d'un grillage. Un ange en cage? Mon ange était venu de lui-même vivre là, à deux pas de la ville et de ses voix assourdissantes qui lui arrachaient le coeur. Il semblait si désemparé, de ce côté de la vie fragile où il suffit de pousser la mauvaise porte pour basculer...

Moi, assise face à lui, visiteuse et passagère de cet espace clos, dont je possédais la clé, je me sentis violemment projetée en arrière, traversant à reculons les quelque trente années qui me séparaient de mon ange. Je revis en une fulgurance Véronique V, ce médecin merveilleux, ce condensé d'humanité, qui, sa main dans la mienne, dans un autre espace clos qu'elle dirigeait alors, avait trouvé les mots passage de vie qui m'avaient remis sur la route...Alors, ils arrivèrent en cascade, tous, les oiseaux lyre, les couchers de soleil sur Pondichéry, les arbres totem, protecteurs, pour s'incliner en révérence devant mon ange, assis là sur son banc, basculant d'un instant à l'autre de la vie à l'absence, puis me souriant d'un sourire promesse.

Quand j'ai franchi la grille, je me suis retournée pour lui faire un signe. Il avait disparu.

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