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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

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Depuis la violence de mon enfance, reliée si tragiquement à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les deux  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière et tout particulièrement  " Entre les mots", préfacé par Monsieur Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, où j'ai ouvert par mon questionnement un espace de parole libre à des hommes de conviction, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient, et dont les  mots ont traversé le temps sans s'altérer.   


S Oling  Lyon 


Dimanche 5 octobre 2008 7 05 /10 /2008 11:38

Chagall et la Rue des Rosiers se mêlent dans ma mémoire. C'était à Paris, en 1995. Une amie me "rendit" cette rue, si mêlée à l'histoire de mon grand-père que je n'en avais pas aperçu les réels contours. Nous devions retrouver mon père dans le quartier du Marais. Je me souviens du déjeuner "Chez Goldenberg" avec lui, de la beauté de cet instant et de notre échange, premier du nom, sur Chagall . Je ne savais rien finalement de l'homme qu'il était, de ses rêves, de ses passions. J'ignorais son goût pour la peinture. Et depuis ce jour là, Chagall et moi cheminons dans ma mémoire.

Ce texte fut écrit à mon retour à Lyon. 


Rue des Rosiers

 Quand perdrai-je le goût du dégoût de tout

Ce qui n’est pas toi ?

Quand cesserai-je de te chercher

Dans les recoins les plus fous de ma mémoire

Qui butte et s’évade pour ne plus te murmurer ?

Quand la lumière aura-elle perdu son voile cendré

Cristal incertain, douleur maitrisée

Du Temps qui m’enchaîne à ces bribes de toi…

 

Plus d’abri derrière la  neige qui s’échappe et pétille

Plus d’étoiles en berne pour unir nos mains

Qui se sont égarées ailleurs

 

Pourquoi m’a tu abandonnée.

Rue des Rosiers

Un matin sans gloire, brume de silence

Au fond de tes yeux déjà absents ?

Pourquoi ne t’es-tu pas retourné

Pour me rattrapper ?

 

Shalom ! Me jeta le vieux rabbin

En me croisant.

Shalom… Tu rêves peut-être de moi

Mais tu as trouvé ton aura

Et la rue des Rosiers
Se referme sur nos souvenirs.

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