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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Mardi 23 septembre 2008 2 23 /09 /Sep /2008 14:06
- Communauté : PanoramArt

Parfois, une rencontre fait basculer le cours du temps, redonne force et vigueur à des émotions que l’on croyait oubliées. Une photo reçue en noir et blanc, un violoniste, dont seule une main tenant l’archet et un regard tourné vers  un inaccessible espace étaient perceptibles, induisirent ce basculement. Soudain, à sept heures ce matin, cette photo posée devant moi, j’étais revenue à Prague en mai1990, sur le Pont Charles. Le texte que j’écrivis alors, assise à même les pierres du pont, je le confie au souffle du temps pour qu’il vous parvienne. Juste un moment de grâce…

Vaclav

Te souviens tu de ce violoniste au regard lointain
Perdu parmi la foule?
C'était par un de ces matins de cendre et de feu
Prague resplendissait...
Tant de lumière répandue sur le pont Charles...

Il saisit son archet avec une douceur infinie
Magie des premiers accords, intensité de son regard,
Murmure de la Moldau
Caressant les pierres du pont
Tout me revient, loin, si loin de Prague...
Même le bruissement des ailes du vieux cygne
Passant majestueusement sous l'arche

Le temps s'est arrêté un matin de mai
Sur le pont Charles
Et je sais que jamais je n'oublierai ce violoniste
Ni ses mains
Prolongement magnifique de son archet

Secrètement je priais pour que dure encore cet instant d'éternté
Quand il me fallut partir, je pris l'une de ses mains
Et la retint longuement
Son sourire lumineux fut son dernier cadeau
Il savait que nous étions désormais
Indéfectiblement liés.

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