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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 11:05
Samedi dernier. Sept heures du matin. Deux heures arides à chercher à contraindre une page blanche à se couvrir de fiévreuses et intelligentes, forcément intelligentes réflexions. Une conférence à préparer, sur le thème du Pardon. Rien, pas le moindre mot n'émergea de ces confuses heures. Décidant de m'accorder une pause, j'allume ma télévision et je vois alors le visage toumenté d'Elie Wiesel. Ce fut une heure lumineuse, arrachée à l'obscurité à écouter, recevoir, accueillir les paroles de cet homme qui dit vouloir "purifier les mots". Qui a mis longtemps à accepter de fonder une famille, parce qu'il "n'était pas convaincu que le monde méritait ses enfants". Je l'entends prononcer cette phrase "Renoncer à témoigner, c'est renoncer à espérer"...
 
Et je crois percevoir sous son visage celui de mon père  et de tous les parents qui ont vécu dans leur chair l'expérience du mal absolu, puis qui se sont trouvés dans l'impossibilité littérale devant leurs propres enfants de "purifier les mots" pour témoigner d'une manière dicible leur voyage au pays d'où l'on ne peut revenir véritablement soi-même. Alors, ils ont fait silence. Et depuis, ces enfants de ce silence-là ont entrepris leur propre voyage, abstraits du témoignage direct de leur parents. Amputés. Oui! Amputés, parce qu'il leur manque un épisode dans l' histoire de vie familiale. Et que c'est autour de ce manque qu'il leur faut tout de même créer, puis transmettre à leur tour.

Tout manque engendre un espace à combler... Personne ne peut faire l'économie d'un pan de son histoire. Quel que soit le temps que cela prenne, plusieurs générations parfois. Parce que  ce silence là est d'une telle résonance qu'il appelle jusqu'au souvenir de son propre echo.
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