Partager l'article ! Naître sans vie mais pas sans reconnaissance...: Deux décrets parus au Journal Officiel offrent désormais aux parents d’enfa ...

Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.
S. Oling Lyon Octobre 2011
Deux décrets parus au Journal Officiel offrent désormais aux
parents d’enfants nés « sans vie » avant vingt deux semaines le droit de les inscrire sur leur livret de famille, celui également de donner une sépulture à ces enfants abstraits de
notre monde avant que nous n’ayons pu aller à leur rencontre.
Au-delà de cet aspect officiel, il y a là matière à un débat philosophique et éthique sans cesse relancé: Quand commence la vie ? A la conception ? A la naissance même ? Au
premier mouvement in utero de ce futur maillon de notre chaîne humaine ?
Une réflexion spirituelle également selon que les parents en puissance de cet enfant à venir croient ou non à la survivance de l’âme, à la réincarnation ou à la mort comme fin absolue. Ces
décrets n’ont pas pour vocation de répondre à ces interrogations. Ils sont cependant fondamentaux parce qu’ils officialisent la présence, même
éphémère, d’un être au sein d’une famille. Un enfant qui pourra être nommé et que ce nom soit pérenne.
Toutes les sociétés se construisent sur des rites. Celui du deuil en est partie intégrante. Il n’allège pas l’immense douleur de la perte d’un enfant, ce n’est pas sa vocation première,
mais il autorise la manifestation de cette douleur au-delà du cercle intime. Le maillon demeure absent, mais une trace intangible, un souffle, celui
des lettres composant son prénom, peut alors prendre son envol…
Sarah
Sarah,
N'oublie pas que , pour beaucoup de croyants , de quelque confession qu'ils soient , la vie ( la vraie ) commence après la mort ...