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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

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Depuis la violence de mon enfance, reliée si tragiquement à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les deux  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière et tout particulièrement  " Entre les mots", préfacé par Monsieur Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, où j'ai ouvert par mon questionnement un espace de parole libre à des hommes de conviction, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient, et dont les  mots ont traversé le temps sans s'altérer.   


S Oling  Lyon 


Samedi 16 août 2008 6 16 /08 /2008 10:14

Un monde où Tbilissi ne serait plus le nom d’une ville synonyme de violence et de désolation, où le train menant à Lhassa se peuplerait d’une cohorte harmonieuse de voyageurs chinois et tibétains, partageant la même attente d’une vie meilleure.

Un monde où Matriona, dans sa maison, attendrait le retour d’Alexandre Soljenitsyne pour le soir-même, son chat bancal assis sur ses genoux, le thé noir et fort, tel qu’il aimait à le partager avec elle, infusant dans le vieux samovar.

 Si Matriona, oublieuse de sa vie misérable, était à même d’accueillir sous son toit un homme presque aussi démuni qu’elle, Soljenitsyne n’était alors, en 1953, qu’un Zek, un ancien du goulag, pourquoi ne pourrions-nous pas en faire autant ? Une tasse de thé, une parole vibrante pour un ami qui se blesse aux aspérités de l’existence, un mot trop vif retenu de justesse… De modestes actes au regard de la désespérance du monde, mais qui peuvent changer la donne, là, dans l’instant de la présence à ces actes, en les revêtant d’une réelle bonté d’intentions. Imaginons que cela devienne contagieux…

Que la bonté ne soit pas qu’un vague concept à la connotation simpliste ou religieuse. Je veux croire à la contagion du bien. Il y a partout des  Matriona  au cœur pur…"

 

Et parce que Soljenitsyne a fait partie de mes « éveilleurs », je cite là les derniers mots de son récit

«  La maison de Matriona »
(Recueil de trois nouvelles, Julliard, 1970)
 "...elle n'avait pas accumulé d'avoir pour le jour de sa mort. Une chèvre blanc sale, un chat bancal, des ficus... Et nous tous qui vivions à ses côtés, n'avions pas compris qu'elle était ce Juste dont parle le proverbe et sans lequel il n'est village qui tienne. Ni ville. Ni notre terre".

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Commentaires

J'aime à savoir, cher Jean-Claude, la lumière espérée, qui chasse l'ombre. L'ombre n'a de sens que si elle révèle l'éclat d'une folle espérance. Chaque thé partagé est partie constituante de ces petits bonheurs du jour, à vivre absolument, même si le thé est parfois trop noir, ce "tchaï" que mes ancêtres russes buvaient sans sucre...mais pas sans une présence amie.
Commentaire n°1 posté par sarah oling le 18/08/2008 à 07h22
Quand le soleil se couche, quand les ombres s'allongent, quand vient le soir, la nuit, le froid, nous aimons rentrer "à l'intérieur" pour retrouver un samovar familier et un thé trop noir  qui nous réchauffe  de son amertume parfumée, du pain d'une présence, d'une parole et d'une tendresse partagée . 
Joies simples et profondes qui font ressembler ces bonnes heures au bonheur que nous avons cherché dans la lumière du jour . Oui, l'ombre du bonheur est là, près du samovar, du thé trop chaud et trop noir .
Jean-Claude
Commentaire n°2 posté par Jean-Claude BOULLIAT le 17/08/2008 à 21h10
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