Depuis la violence de mon enfance, reliée si tragiquement à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.
Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et
le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma
vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis
réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les deux projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière et tout particulièrement " Entre les mots", préfacé par Monsieur Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, où j'ai ouvert par mon questionnement un espace de parole libre à des hommes de conviction, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient, et dont les mots ont traversé le temps sans s'altérer.
S Oling Lyon
Ce matin sur ma terrasse, en totale vacuité, je regarde dormir mes deux félins, apaisés après une nuit ponctuée de
folles poursuites. La tête de Lily lovée dans les replis du ventre de Tommy. Antagonistes dans le jeu, séparés par dix bonnes années, dix années voyageuses pour le vieux Tom, que je ramenais
d’Israël avec Jerry, un autre matou errant, disparu depuis. Tommy, attaché à ce semblable si fortement qu’une réelle tristesse a perduré dans son
comportement pendant de longs mois. Capable cependant d’être bon compagnon avec un autre semblable à lui imposé. .
Fixant les nuages nombreux, essayant d’arrêter leur course,
je songe à mes propres semblables, parents, compagnons, amis, abstraits de ma quotidienne vision. Les toucher, me serrer dans leurs bras, un instant,
par la pensée. Cela, cette sensation là, me comble d’un doux sentiment. Chassant la mélancolie de ce gris dimanche. Notre mémoire émotionnelle est vive et forte. Rien ni personne ne disparaît vraiment. Si l'on a semé des petites pierres
de lune pour tracer le chemin.
Un extrait d’un texte bouddhiste me revient alors « Dans le cycle de nos existences, au cours de nombreuses renaissances et parfois en une seule vie, tout change continuellement. Il ne
peut y avoir aucune certitude. Même notre bonheur ne fait que passer. Tout ce qui est nôtre est livré à l'impermanence. Rien de ce que nous considérons être réel n'est
permanent. ».
C’est pourquoi nous nous devons à nous-mêmes d’être des infatigables créateurs de liens. Des liens qui nouent délicatement les êtres, mais ne les entravent pas. Pour qu’ils composent une
symphonie mémorielle douce et belle que l’absence même n’effacera pas.
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