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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

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Depuis la violence de mon enfance, reliée si tragiquement à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les deux  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière et tout particulièrement  " Entre les mots", préfacé par Monsieur Gérard Collomb, Sénateur Maire de Lyon, où j'ai ouvert par mon questionnement un espace de parole libre à des hommes de conviction, journalistes, politiques ou artistes, qui se sont exprimés sur des sujets majeurs, tels que la problématique du Proche-Orient, et dont les  mots ont traversé le temps sans s'altérer.   


S Oling  Lyon 


Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /2008 08:35

Couvrant de mots fiévreux mes indignations « confortables », au regard des tragédies qu’elles évoquaient, de nombreux articles sur ce site, je me suis trouvée un matin dans l’incapacité littérale d’aligner trois lettres qui fassent sens.

La non libération d’Ingrid Betancourt, le peuple tibétain luttant légitimement pour son identité cultuelle et culturelle, la révolte des Birmans noyée sous des flots de boue, aujourd’hui la Chine et ses milliers de morts…Que suis-je ? Qui suis-je ? Pour me croire investie d’un minuscule et dérisoire pouvoir d’intervention, par mes quelques mots jetés à la force du vent virtuel…Lorsque j’étais « sur le terrain », je me souviens encore de la terrible culpabilité qui m’avait violemment secouée, alors qu’en avril 2001, la rue Jubin à Villeurbanne, « ma » rue,  venait d’exploser. Je tenais dans mes bras l’un des pompiers qui devait mourir peu après.

Ce même sentiment terrible d’être acteur et spectateur à la fois, m'a étreint à plusieurs reprises, lors de mon travail de journaliste. Dire la tragédie, ne pouvoir ni la contrer, ni la distancier... Les angoisses de l’enfance reviennent alors. Celles de mes cauchemars. Ceux plus particulièrement,  qui me projetaient dans un Auschwitz grouillant de cendres et de cris, à la recherche de mon père, incapable de trouver son baraquement. J’y rencontrais d’autres présences erratiques, des êtres sans regard, qui me tendaient les bras et que je ne  pouvais saisir.

 L’enfant que j’étais ne sauva personne. Et la déportation de ma famille a cessé d'être une  une histoire personnelle, à moi seule arrivée, le jour où j'ai ouvert l'espace de mes actes et de mes pensées à une forme de compréhension plus universelle de la fraternité des souffrances et du bonheur. Pourtant, pourtant, mes mots aujourd’hui me semblent de bien fragiles armes.

Alors, souvent, je suis « un cri qui doute ».

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