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ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

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Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Mardi 1 janvier 2008 2 01 /01 /Jan /2008 10:19

 Ce matin, j’ai la gorge nouée, pas vraiment le cœur au renouveau. Je me souviens particulièrement de votre visage, Mélanie, sur un plateau de télévision, il y a quelques jours. Au journaliste qui vous demandait ce que vous faisait la libération annoncée de trois des otages des FARC, vous répondiez avec la douce fermeté qui vous caractérise que c’était un vrai espoir pour le possible retour de votre maman.
 
Aujourd’hui, même si les négociations continuent, ni Clara Rojas, ni son fils, ni Consuelo Gonsalez ne sont sortis de la jungle, cette opaque et inaccessible prison qui les retient, avec, entre tant d’autres Ingrid Betancourt, votre mère.

 Et je songe à vous et à Lorenzzo qui depuis plus de six ans connaissez, à un âge si tendre, la notion de distorsion du temps et de l’espace. Vous avez fait des médias une agora, portant partout avec force et vigueur votre parole vive et vibrante. Vous n’avez pas attendu que l’on vous offre un espace d’expression, vous l’avez voulu, apprivoisé, puis conquis, élevant ainsi un rempart contre l’indifférence et l’oubli. 

C’est long, six ans. Six ans à vous exposer, parlant inlassablement de cette mère mythique, évidemment mythique, créant ainsi une telle proximité avec Elle, que tant de passerelles à travers le monde se sont bâties pour permettre à vos mots de résonner. Mais lorsque l’œil des caméras se détourne, que la lumière s’éteint sur les plateaux de télévision et que les micros s’abaissent, c’est à ce moment que parfois je tente de vous rejoindre par la pensée. Ingrid redevient alors certainement celle qui n’appartient qu’à vous, dont vous connaissez chaque expression, chaque geste.
 
En ce premier matin de l’an 2008, j’ai voulu passer avec vous quelques instants, Mélanie, Lorenzzo et vous dire que je forme le vœu qu’enfin vous puissiez retrouver le cours de votre vie, parce que votre mère vous aura été rendue, permettant ainsi de recréer cette bulle matricielle, depuis bien trop longtemps éclatée
 
Sarah Oling
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