Recommander

ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

                sarah-isol-e_1_1.jpg

Depuis la violence de mon jeune âge, reliée tragiquement, comme tant d'autres d'ailleurs, à une des pages les plus sombres de l’histoire, je n’ai eu de cesse que de retrouver un peu d’humanité chez mes semblables. Aller à la rencontre des autres, des peuples, non pour leur transmettre une parole de reproche mais pour atteindre cette part de bonté contenue en chacun, a été, il est vrai, indispensable à ma survie.

Aujourd’hui, et après avoir parcouru le monde en tant que journaliste, la mémoire et le travail ont fait leur œuvre ; l’âge et la sagesse ont fait le reste. De cette aventure est née l’écriture qui m’accompagne fidèlement depuis l’adolescence et joue un rôle essentiel dans ma vie. Elle a été tour à tour, passeport d’évasion, puis traductrice de mémoire, mais aussi transmetteur de celle des autres. Et parfois, l’histoire évoquée jadis semble devenir archive, puis réapparait un jour dans le cours de l’actualité.
 

C'est ainsi que je conçois mon travail d'écriture, sans me définir vraiment pour autant... Ecrivain journaliste? Journaliste écrivain? Ce qui m'importe avant tout, ce sont les chantiers en construction, les  projets littéraires en attente du "sésame" d'un éditeur qui les mettra en lumière.

    S.  Oling  Lyon  Octobre 2011


Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 08:55
- Communauté : PanoramArt

Je me suis, depuis que j'ai découvert l'univers de l'écrivain et poète haïtien Jean Métellus, ressentie comme infiniment reliée à lui, par ces passerelles subtiles que créent les mots entre eux. Devant l'impossibilité que j'ai à exprimer l'état de sidération que provoque en moi l'anéantissement d'une partie de Port -au -Prince, j'ai voulu reproduire ici l'un de ses textes. Parce que ce qu'il exprime  là est prophétique...

Haïti est aujourd'hui "au delà de la peur". Il n'existe aucun mot salvateur à offrir à ceux qui ont tout perdu. Mais  la voix de Jean Métellus permet juste d'entrevoir ce "chant d'espérance" qui a permis aux Haïtiens de reconstruire à chaque fois leur existence. 

 

(...) Tu déposeras ton regard sur ton voisin

Comme si tu voulais le faire renaître

Tu sortiras si tu es dans une chambre

Tu te pencheras à la fenêtre si tu es à la bibliothèque

Tu te recueilleras dans la foule si tu penses à moi

Tu méditeras sur l’Homme devant le premier passant venu

Tu méditeras aussi

Sur sa force, sur la terre qui le soutient, sur l’agitation de son esprit

Tu regarderas la plante

Qui s’enracine chaque jour plus profondément

Promettant de nouvelles feuilles

Tu regarderas les murs, les maisons

Ce petit garçon qui frappe dans un ballon

Cette femme très fière au bras de son mari

Tu tenteras d’entendre le concert de leurs sens, d’imaginer leurs gestes

Et tu sauras ce qu’en lui fait la vie, ce qu’elle fait de la vie

Tu regarderas la terre qui s’envole en poussière

Et la poussière qui colle aux cheveux et aux fronts

Tu regarderas la pluie qui tombe et l’eau qui coule

Tu regarderas la boue avec laquelle jouent les enfants

Tu plongeras ta propre main dans la source et tu écouteras ton corps

Tu exploreras le sommeil et tu liras le mouvement de ton esprit(...)"


Jean Metellus Ecrivain haïtien

 


Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés