O.N.I.

O.N.I. Objet narcissique identifie

Images Aléatoires

ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

 

 

 L'écriture m'est souffle et vie depuis que je suis en âge de tenir une plume...

 

 Je suis issue d'un chaos. Je l'ai dépassé un jour, pour aller du côté de la vie et de ses lumières.  Pour les enfants de survivants, qu'ils soient nés avant le drame qui lamina leur famille, et qui dans mon cas fut la déportation de mes parents, ou après, se pose le problème de la transmission de ce qu'ils n'ont pas toujours reçu ... Certains enfants de déportés ont été confrontés à un père ou à une mère incapables de mettre en mots cet indicible espace que fut la Shoah. Ce fut mon cas. Comment, alors, transmettre une mémoire par procuration, une souffrance si intime qu'elle en est presque intraduisible ? Comment s'en libérer ensuite, pour avancer et construire,  non pas dans l'oubli de la Mémoire mais dans l'amour de la Vie?

  

 Mes trois premiers romans sont tous porteurs de ce que j'appelle une écriture "matricielle", encore fortement imprégnés de cette souffrance transgénérationnelle, de cet obscur sentiment d'une ombre permanente derrière mon épaule. Avec la parution du troisième livre, la boucle était bouclée. J'ai accompli mon chemin vers les miens.

  

Une grande partie de mon existence a été consacrée presque exclusivement à la Mémoire. Sans la négliger pour autant, mais en prenant le parti d'exister en tant qu'individu, pas seulement en tant "qu'enfant de...", je peux désormais lâcher ma plume, écrire pour le bonheur du partage, de la  libération d'un imaginaire longtemps contenu, la résonance des mots. Je viens d'achever une nouvelle aventure, littéraire et jubilatoire, miroir de mon imaginaire fécond: l'écriture d'un roman qui se situe en grande partie à Pondichéry, en Inde du Sud. Ce manuscrit, en attente d'éditeur devrait peut-être, si les Dieux du panthéon hindou me sont bienveillants, se transformer en film. Le défi est lancé, puisque je viens d'en faire une adaptation sous forme de scénario.

 

 D'autres personnages viennent habiter mon univers, impatients d'être mis en lumière, de venir à votre rencontre.

 

Je sais maintenant que l'écriture m'est force et architecture, qu'elle me tient debout et que nous ne nous quitterons plus.

 

 

Sylviane Sarah Oling           LYON    


Mercredi 15 octobre 2008

Quelques mots jetés à la volée pour remercier, simplement remercier, sans intention ni destinataire particulier, la douceur des jours , la présence forte et belle de mes amis, dont celle qui m'envoya ce matin même cette carte que je vous joins. Nous traversons tous des orages et des tempêtes, puis des moments forts et espérants, parfois certains s'entremêlent et c'est ainsi que nous traversons l'existence, entre rire et larmes. Mais ce qui rends ce passage non pas "acceptable", mais engageant et constructeur, c'est la capacité que nous avons, à chaque jour renouvelé, à nous dépasser jusqu'au jour d'après, parce qu'il y a près de nous des personnes qui nous aiment et nous soutiennent et qu'à notre tour nous prenons "dans nos bras", lorsqu'elles ont le coeur lourd d'orages et de chagrins. . Des personnes comme nous, dans leur belle incomplétude d'humain en évolution. 

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Dimanche 5 octobre 2008

Chagall et la Rue des Rosiers se mêlent dans ma mémoire. C'était à Paris, en 1995. Une amie me "rendit" cette rue, si mêlée à l'histoire de mon grand-père que je n'en avais pas aperçu les réels contours. Nous devions retrouver mon père dans le quartier du Marais. Je me souviens du déjeuner "Chez Goldenberg" avec lui, de la beauté de cet instant et de notre échange, premier du nom, sur Chagall. Je ne savais rien finalement de l'homme qu'il était, de ses rêves, de ses passions. J'ignorais son goût pour la peinture. Et depuis ce jour là, Chagall et moi cheminons dans ma mémoire.

Ce texte fut écrit à mon retour à Lyon. 


Rue des Rosiers

 Quand perdrai-je le goût du dégoût de tout

Ce qui n’est pas toi ?

Quand cesserai-je de te chercher

Dans les recoins les plus fous de ma mémoire

Qui butte et s’évade pour ne plus te murmurer ?

Quand la lumière aura-elle perdu son voile cendré

Cristal incertain, douleur maitrisée

Du Temps qui m’enchaîne à ces bribes de toi…

 

Plus d’abri derrière la  neige qui s’échappe et pétille

Plus d’étoiles en berne pour unir nos mains

Qui se sont égarées ailleurs

 

Pourquoi m’a tu abandonnée.

Rue des Rosiers

Un matin sans gloire, brume de silence

Au fond de tes yeux déjà absents ?

Pourquoi ne t’es-tu pas retourné

Pour me rattrapper ?

 

Shalom ! Me jeta le vieux rabbin

En me croisant.

Shalom… Tu rêves peut-être de moi

Mais tu as trouvé ton aura

Et la rue des Rosiers
Se referme sur nos souvenirs.

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Jeudi 2 octobre 2008

Ceci est tout sauf un article, une simple réponse à l'allégation selon laquelle j'aurai inventé des lecteurs. Non, je ne me sens pas seule, la solitude n'existe pas pour un écrivain. Nous sommes "habités" en permanence par des personnages en devenir, des échanges et des rencontres autour de nos livres...
Et certes, les statistiques de mon site sont modestes mais elles sont signe et présence de ce que la littrérature telle que je l'entends trouve un echo et une résonance dans cet univers infiniment complexe du monde virtuel. Peu importe votre nombre, puisque je vous sais attentifs à l'appel que je vous lance. Je ne recherche pas des "fans", mais un réel partage.

"Si votre site se voulait tant fraternel et humaniste comme vous le dîtes, vous ne seriez pas obligée d'appeler les lecteurs (s'ils existent vraiment) à faire des commentaires; L'altérité appartient au domaine du ressenti et non à celui de la provocation.
On vous sent bien seule.... "

commentaire n° : 7 posté par : Chimère 2 le: 30/09/2008 09:20:21

 

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