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Rassembleur  d'Etincelles -

Un écrivain journaliste partage avec vous son univers, ses passions, ses coups de griffe à l'actualité et sa passion de la musique des mots

Nommer … en ce 27 janvier, journée internationale à la mémoire des victimes de l’Holocauste

Publié le 27 Janvier 2019 par Sylviane Sarah Oling

foret de bouleaux sous la neige... symbole, tout est symbole...

foret de bouleaux sous la neige... symbole, tout est symbole...

J’écris depuis si longtemps autour de « pitchipoï », sans vraiment nommer, en contournant par ce mot d’enfant, dans une langue presque engloutie, le sens même de ce « là-bas ».

Nommer rend sa vibration à ce que l’on nomme… Et même si être fils ou fille de déporté n’est pas un « statut », il donne une responsabilité au nom de l’humanité. Il n’y a pas d’esthétique de la Shoah, ce que j’ai pourtant affirmé parfois en parlant de mon écriture. Il n’y a qu’une manière de la dire, et non par nous, les générations d'après, qui ne sommes pas les victimes, mais par une parole vive, forte et sans fard, de ceux qui en sont les témoins encore vivants, les rescapés de la Shoah.

Avec courage. Comme le fit Marceline Loridan-Ivens, dont je vous invite à revoir le doc paru sur Arte : « La vie balagan de Marceline Loridan-Ivens ». Dans un monde qui demande souvent soit que l’on fasse silence, soit que l’on « passe à autre chose ».

Et ce matin, alors que je me rends dans deux heures à la commémoration (Oui ! une de plus, mais pas une de trop en ces temps troublés) de la libération du camp d’Auschwitz , j’ai une pensée pour mon père, déporté en août 1942 par le convoi 24, qui fut parmi les rares survivants de ce convoi et duquel Patrick Desbois , au nom de Yahad - In Unum , que je remercie infiniment de ce combat, car il s’agit bien d’un combat, qu’il mène inlassablement contre les chiffonniers de l’histoire , m’a écrit il y a quelques jours « ton papa est un de ceux qui a illuminé mon chemin! » .
Alors, certes, un génocide, par son absolue violence , ne peut être ni esthétisé, ni contourné, mais nommé.

Et je rends acte aux survivants de tous les génocides, comme mon père, comme Marceline Loridan-Ivens, ou le cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh, entre tant d’autres, d’avoir fait entendre une parole vive, et légitime. Pour briser l’autre parole, celle des négationnistes.

Et je n’aurai de cesse, et c’est ma propre responsabilité, de poursuivre cette nécessaire transmission. C’est un autre remerciement vif que j’adresse à tous  ceux qui ont permis que le projet "Consciences en convergences », au nom de cette transmission, voit le jour dans moins de quatre mois.  Non  pas pour mon ego, ni le leur, mais bien pour interroger la convergence des consciences.

S. Oling 27/01/2019

 

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