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Rassembleur  d'Etincelles -

Un écrivain journaliste partage avec vous son univers, ses passions, ses coups de griffe à l'actualité et sa passion de la musique des mots

Article paru dans le journal La Montagne VICHY Rencontre L'auteure Sarah Oling, passeur de mémoire et de vie

Publié le 11 Juin 2018 par Sylviane Sarah Oling

Grande librairie de Vichy  dédicace   avec Linda, qui m'a accueillie à Vichy  et a organisé ces deux jours intenses en rencontres

Grande librairie de Vichy dédicace avec Linda, qui m'a accueillie à Vichy et a organisé ces deux jours intenses en rencontres

 

Si « l’Histoire a percuté son histoire » Sarah Oling, auteure de « Pour un peuple d'oiseaux » est convaincue de l’importance de la transmission en tant qu’« étincelles de vie. »

 Echanges  avec l'auteure  qui sera à la Grande librairie , mardi 5 juin, à Vichy.

Comment vivre, survivre après une tragédie, qu'elle quel soit ? Dans son opus « Pour un peuple d’oiseaux » (Les Éditions abordables), son cinquième roman, Sarah Oling met en résonance l’histoire intime et l’Histoire, via Yann Holdmann, un maestro hanté par « de puissants fantômes mémoriels ». Un sujet dont la gravité n’exclut par, pour l’auteure, l’étincelle de vie.

Une histoire. Des livres. « L’écriture est un vecteur de transmissions, une façon d’esthétiser la violence. Comment quelque chose qui n’est pas de l’ordre du dicible et de l’audible peut être transmis. Je veux être une passerelle pour une tentative de germination. »

 

Un déclenchement. « Le silence de mon père qui a été déporté à l’âge de 18 ans à Auschwitz. Comme tous les enfants de survivants, quels que soient les drames, j’ai dû me construire sans cette non transmission. Alors, il faut aller la chercher ailleurs. Mon premier roman était cette tentative de rassembler des parcelles. J’ai recueilli une centaine de témoignages. À ce silence de mon père, il me fallait opposer du factuel, ce qui s’était produit. »

« Je travaille beaucoup sur la notion des différences qui nous enrichissent au lieu de nous diviser. Je suis dans l’universalité de la mémoire. »

Ne pas ghettoïser. « Il y a ce qui est de l’ordre de l’émotion pure et le factuel. Les témoins disparaissent. Les enfants des tragédies, ne sont pas des victimes. Je ne veux pas parler seulement de la Shoah. Je refuse de me positionner comme une enfant de déportée. C’est l’Histoire qui a percuté mon histoire. C’est pour cela que je suis acteur, pour être debout. Je suis une angélique debout. Je veux croire à la contagion du bien tout en ayant connaissance du mal. Je suis la fille d’une tragédie historique, je n’en fais pas un ghetto. »

Transmission. « Quand je vais dans les lycées ou collèges, il se passe une catharsis d’émotions. Ces jeunes sont des rassembleurs d’étincelles. Il faut que l’humain ne perde pas de vue l’espérance. Je travaille beaucoup sur la notion des différences qui nous enrichissent au lieu de nous diviser. Je suis dans l’universalité de la mémoire. Il faut dépasser les propos épidermiques, hystériques où la passion dépasse la raison. »

"Pour un peuple d’oiseaux". « Yann, le vieil homme qui a connu la déportation est la noirceur. Daniel, le jeune homme est la vie. En hébreu, son nom signifie le don. Yann le prépare pour le concert qu’il va diriger à Berlin, comme il l’a vécu au même âge. La boucle est bouclée. Yann sème ses graines et ne parle qu’aux oiseaux qui symbolisent la notion de peuple. Ce peuple des humains disparus. Pour Daniel, c’est le peuple de l’envol. »

Écriture. « C’est un livre réduit à l’épure. Je voulais que chaque mot soit une symphonie, que chaque mot trouve sa partition. La musique pour ces migrants est tout ce qui était le plus facile à emporter. J’ai construit une trame historique autour du premier kibboutz en Palestine. Il y a toujours un fond historique dans mes livres. La délicatesse de l’échange épistolaire me permet de me distancier. Daniel est le porteur du meilleur, de la transmission. C’est grâce à lui que Yann va pouvoir partir en paix. »

Fabienne Faurie journaliste La Montagne Vichy  

VICHY LOISIRS ART - LITTÉRATURE

Publié le 04/06/2018

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