O.N.I.

O.N.I. Objet narcissique identifie

ENTRE MEMOIRE ET OUBLI, FAIRE LE CHOIX DE LA VIE...

  

 

 L'écriture m'est souffle et vie depuis que je suis en âge de tenir une plume...

Du plus loin qu’il m’en souvienne me restent, tenaces, les sensations grisantes de cette plume d’enfance que je faisais crisser sur des supports hétéroclites. Tout était, devait être, devenait, feuille de papier.  Rebelle, infiniment rebelle, fut ma première sergent-major, que je m’appliquais maladroitement à dompter, déjà.


  L’enfance… Combien j’étais fière d’apprendre à écrire cette langue française que je n’avais pas reçue en partage ! Un univers s’offrait à moi, peuplé de mots magiques, dont j’essayais d’en extraire le sens caché. Déconfiture, par exemple… Mes premiers rires de plume me vinrent de ce mot au goût sucré.  Pleins, déliés, majuscules, minuscules, par la grâce d’instituteurs éclairés, tout devenait jeu  En cet âge, d’autres mots s’offrirent à moi, à la débandade, des mots que je lisais « à la volée ». Je rassemblais alors les étincelles de deux cultures, celle de ma grand-mère et le français de ma naissance. Ma douce grand-mère et ses gâteaux aux noms imprononçables qu’elle m’offrait, en me disant « alors ? Ça te goûte ? ». Ces gâteaux en devenaient offrande à mon imaginaire.


  Puis vint le temps de l’adolescence. L’écriture en bandoulière, je sublimais mes errances marines, décochant des assemblages de lettres flamboyantes sur les remparts de mes incertitudes. Je vivais pour la rime, sans raison, dans un espace délimité par ma plume, encore !


  L’enfance et l’adolescence intimement mêlées, je demeure celle que des maîtres formèrent avec une infinie patience. Ces calligraphes de mon jeune âge, qui me firent « entrer en écriture », je ne puis penser à eux sans une douce tendresse. Je leur dois certainement ce bonheur de transmettre aux enfants la passion de l’écrit. Transmettre, encore et toujours, pour que ces petits pionniers du Cybermonde n’oublient pas leurs racines de plume.


  Mes trois premiers romans sont tous porteurs de ce que j'appelle une écriture "matricielle", encore fortement imprégnés de la tragédie que vécut ma famille, presque entièrement exterminée dans des camps de concentration.  Avec la parution du troisième livre, la boucle était bouclée. J'avais accompli mon chemin vers les miens.


Je peux désormais lâcher ma plume, écrire pour le bonheur du partage, de la  libération d'un imaginaire longtemps contenu, la résonance des mots.


  Sylviane Sarah Oling           LYON   printemps 2009 

 


Lundi 29 juin 2009

Voici venu le temps béni pour moi, celui de la mise en lumière d'un livre, qui n'est plus projet mais sujet d'échanges, de rencontres. Les Editions des Samsãra ont réussi leur pari, Kathâkali existe enfin, depuis vendredi 26 juin, où je fis ma première signature à la Librairie Classique à Lyon, puis samedi matin, accueillie très chaleureusement pour un première présentation, avant une conférence prévue en septembre, par la librairie Lettres à Croquer, qui vient d'ouvrir ses portes à Villeurbanne. Samedi après midi, j'étais tout aussi chaleureusement reçue à "Raconte-Moi la Terre", ce lieu connu de tous les lyonnais qui comme moi rêvent d'évasion, de départ au bout du monde. Il est également question d'une conférence autour de la création de Kathâkali  en particulier et de ma passion pour l'Inde, cet automne.  Je serai présente également à Avignon le 16 juillet prochain... D'autres chantiers d'écriture m'attendent, mais c'est toujours un bonheur lorsque l'un d'entre eux voit le jour.

Article  de B. Jadot paru dans "Le Progrès de Lyon du 23/06/2009

signature à la librairie "Raconte-moi la Terre"


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Dimanche 14 juin 2009

Vendredi après-midi, je retrouve ma voiture, laissée sagement  garée dans une rue tranquille. Est-ce la chaleur qui me trouble le regard ? Je lui trouve un air inhabituel, presque féérique, le bleu ordinaire du capot semblant recouvert de paillettes d’or. M’apprêtant à ouvrir la portière, je comprends soudain qu’en matière de fée, j’ai encore beaucoup à apprendre ! Ce magnifique scintillement provenant de petits éclats de verre jonchant le sol. C’est alors que je vois la forme inhabituelle du rétroviseur gauche. Je tiens cependant, avant de poursuivre, à dire, pour ma défense que je suis aussi douée en matière d’automobile que mon chat, (qu’il me pardonne !),  l’est pour le violon. Est-ce normal qu’un rétroviseur pende lamentablement, dans le sens opposé à celui de la portière et refuse de se remettre dans une position plus conventionnelle ? Il me fallut me rendre à l’évidence, quelqu’un avait décidé de créer une œuvre d’art urbaine avec un élément vital de ma voiture, sans signer ladite œuvre !

Une amie providentielle, parce que aussi rompue au maniement du tournevis qu’à la broderie ou à la peinture, vint me rejoindre pour tenter de rendre sa forme originelle et légale à mon rétroviseur, digne de figurer dans un catalogue d’art contemporain. Mais las ! Rien n’y fit… Ses mains de magicienne ne purent ôter le mauvais sort jeté. C’est alors qu’intervient le personnage non prévu dans le scénario de cette fable urbaine, Monsieur Roger ! Dans cette rue tranquille, j’aperçus une autre voiture, le capot ouvert et la moitié d’un corps, dont l’autre partie semblait happée à l’intérieur. Serait ce possible alors ? Un spécialiste ? Là ? Les fées semblaient se rattraper de leur bourde. Monsieur Roger, avec une mâle assurance, écouta mes explications poétiques sur la résistance des matériaux, leur fragilité aussi, puis après s’être penché sur l’objet que mon amie avait tenté de toute sa science de réparer, nous annonça d’un ton docte que décidemment l’entreprise était désespérée, ce qui était ne pouvait plus être, en clair que mon rétroviseur et moi devions nous séparer définitivement.

Monsieur Roger voyant mon désarroi, se proposa de m’aider à retrouver un autre rétroviseur, presque aussi beau que le premier, dès le lendemain matin, comme ça, juste par solidarité. Mon spécialiste es rétroviseur n’ayant plus de permis, c’est mon amie magicienne qui se proposa de nous conduire. Le lendemain, dès potron-minet, il était bien là, au rendez-vous qu’il nous avait fixé et nous partîmes dans un road-movie d’un exotisme exaltant pour moi qui ne connaissait pas le monde des casses automobiles. Trois « casses plus tard », nous avions largement eu le temps de faire connaissance avec ce personnage attachant et de découvrir des pans de son histoire. Monsieur Roger est arrivé de Centre Afrique en 1989, avec un statut d’étudiant. Un père diamantaire, une vie facile et aisée, douze frères et sœurs puis la découverte d’une autre réalité en arrivant en France. Le racisme ordinaire, la stigmatisation par la couleur et le nom, l’absence de famille, de solidarité. Sorti de l’université avec un  diplôme en Sciences Economiques, il dût faire un autre choix de vie, et devint technicien en mécanique générale. Puis ce fut la naissance de son premier enfant, qu’il prénomma « Merlin le Sage », pour lui donner un ancrage…

Voilà en quelques mots l’histoire d’un homme qui, envers et contre tout a gardé intacte sa capacité à aider son prochain. Ce matin, je vais prendre la route, avec un rétroviseur un peu cabossé, à l'image de la vie de celui qui m'a réaffirmé que la solidarité n’est pas qu’un concept. Nous pouvons tous être des Monsieur Roger et en dehors de notre  cercle familial et amical, sans angélisme, nous pouvons poser de petits actes ordinaires, sans lesquels  toute société, quelle que soit sa structure, serait tout simplement impossible à réparer, à l'image d'un rétroviseur arraché.

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Mercredi 3 juin 2009

Les Européennes... Je suis atterrée par les prévisions de participation.. Mais quels sont ces citoyens qui veulent, revendiquent, implorent plus de droits, de bien être, de paix sociale, dans une quête, légitime en soi évidemment, mais qui n'utilisent pas, toutes opinions confondues , ce qui dans d'autres pays n'est parfois qu'une mascarade, souvent une menace sur sa vie si l'on ne fait pas le "choix du roi", en clair LE DROIT DE VOTE!

Dimanche 7 juin, mettre son bulletin dans une urne, comme des milllions d'autres européens, c'est affirmer son identité. oui, nous sommes dans une période difficile, mais n'est ce pas dans les grands tourments que se sont bâties de nouvelles fondations, plus fortes parce que gardant en filigrane la mémoire de ce qui ne devait plus être et portant la vibration de l'espérance d'un futur sinon radieux, du moins apaisé et commun...

C'est pour toutes ces raisons que j'irai voter dimanche...

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BIBLIOGRAPHIE

Vous pouvez retrouver ma bibliographie sur le site de l'Union des Ecrivains Rhône-Alpes par le lien suivant

http://www.uera.fr/pages/ecrivains/sylviane_sarah_oling.htm

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